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Cameroun : Gastronomie et unité nationale, le trait d’union

La gastronomie camerounaise est un indicateur réel de l’identité culturelle du pays, riche et diversifiée. Quoique singulière, c’est-à-dire spécifique aux divers groupes ethniques, aux aires géographiques et son histoire millénaire, la gastronomie camerounaise est un réel marqueur de l’unité nationale.

Le Cameroun, Afrique en miniature est une véritable « nation arc-en-ciel ». Pays multiculturel, il héberge plus de 250 groupes ethniques, et bien que partageant le même espace vital, un triangle de 475.442 km2, chacun de ces groupes ethniques possèdent des spécificités qui lui sont propres au plan culinaire.

Ainsi, on peut citer le « Ndolé », un menu concocté  à base de feuilles amères et généralement associé aux peuples Sawa du Littoral et du Sud-ouest du pays. Le « Nkui », sauce gluante préparée à base d’écorce est une spécificité des Grassfield de l’Ouest Cameroun. Le grand nord peut être fier de sa « sauce Tasba ». C’est une sauce dont l’ingrédient de base est, le feuilles Tasba, mijotée avec de la pâte d’arachide grillée et bien assaisonnée de poisson fumé et de viande. « L’Okok », préparé à base de Gnetum, est à lui tout seul un symbole de l’unité dans la diversité du Cameroun.

Il se prépare et se consomme sucrée chez les Béti du centre, salé et bien épicé, avec viande et poisson chez les Bassa et les Banen, deux peuples qui se retrouvent à la fois dans les Régions du centre et du Littoral. A l’est du Cameroun, ces feuilles sont cuisinées de manière somme toute particulière. Les fils de cette partie du pays sont férus de « Koko », (la version de l’okok dans la région du soleil levant au Cameroun. Et dans le Cameroun occidental, le « Eru » s’impose en vedette. Il a d’ailleurs depuis de nombreuses décennies, franchit les frontières de cette partie du pays pour sillonner le triangle national, non sans conquérir de nouveaux fans sur tout l’espace Cameroun et hors de nos frontières.

Ce préambule rappel à toute fin utile, que le Cameroun est riche de sa diversité culturelle, surtout de sa diversité culinaire. Il convient cependant de noter que, les quelques mets traditionnels camerounais évoqués supra, sont un échantillon marginal de l’immense diversité des plats qui se préparent et se consomment sur l’étendue du territoire camerounais.

« Sauce jaune-Taro », marqueur de l’unité nationale du Cameroun

Commençons par souligner que, la sauce jaune est un plat traditionnel de l’Ouest et Nord-ouest du Cameroun, qui se caractérise par une onctueuse émulsion d’huile de palme, de sel gemme et d’un mélange d’épices produites localement.

« La Sauce jaune-Taro » est servie sur toutes nos tables, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Les camerounais, de toutes origines se délectent de ce mets qui est devenu un véritable symbole d’unité. Il est sorti des cuisines traditionnelles de nos grand-mères,  pour s’inviter sur les tables des restaurateurs camerounais les plus prestigieux. Un bon nombre parmi eux, n’hésitent pas à le rénover en y ajoutant des ingrédients modernes, tout en conservant son essence. Cette modernisation a pour corollaire immédiat, la mobilisation de nouveau consommateurs et notamment les jeunes. Ce mets traditionnel camerounais n’est donc pas figé dans le temps et dans l’espace. Il évolue et s’adapte aux goûts contemporains.

Au tour de ce repas traditionnel, a émergé ces dernières années un concept hautement salvateur pour la cohésion et l’unité nationale du Cameroun. Il s’agit des « Dimanches Taro ». Ils consistent en effet,  en de grands rassemblements populaires au tour de ce plat, et  aussi souvent au tour d’une bière, dans le but de raviver les liens de convivialité et de fraternité entre les camerounais. En la matière, les organisateurs de ces « Dimanches Taro » qui mobilisent les camerounais de tous bords, sans distinction de tribut et même de classe sociale, ne manquent pas d’inspiration. En plus des repas copieux qui y sont offerts, des activités telles que des ateliers de formations, des concerts, des marchés artisanaux, des projections de films, des conférences débats et même des activités pour enfants sont aussi organisées. Ce mets traditionnel des Grassfield est donc à n’en point douter, un puissant vecteur de l’unité nationale.

Par Didier Denguel

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