Les relations entre élus, riverains, commerçants et l’enseigne spécialisée dans le poulet grillé halal « Master Poulet » se tendent. À l’origine : un bras de fer entre la direction du fast food et le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane.
La mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) en guerre contre un fast-food. Depuis l’ouverture de « Master Poulet » le 11 avril dernier dans cette commune de 53 000 habitants située au nord de Paris et plus connue pour son marché aux puces que pour sa scène gastronomique, le torchon brûle entre le premier édile, Karim Bouamrane et l’enseigne. Le maire socialiste accuse le restaurant, spécialisé dans le poulet grillé halal, d’avoir ouvert à la sortie du métro, près des fenêtres de la mairie, sans avoir obtenu l’ensemble des autorisations nécessaires.
Pour se faire entendre, il est allé jusqu’à faire poser des blocs de béton devant la terrasse couverte du fast-food. « Je n’ai pas de problème personnel avec Master Poulet, chacun mange ce qu’il veut, j’adore aussi le poulet (…) Le sujet, c’est qu’on a une multiplication, une prolifération des mêmes types de commerces qu’on appelle la ‘junk food’, qui engendre des nuisances sonores, olfactives, des attroupements », estime-t-il au micro de Franceinfo. Mais auprès des jeunes, le concept de « Master Poulet » fait fureur ! Et pour cause : 1 euro le pilon de poulet, 2,50 euros les trois… Force est de constater que l’enseigne casse les prix et permet aux petits budgets de déjeuner à leur faim.
Tout à fait à limage de son traitement de lopposition que nous sommes par Karim Bouamrane : une pratique de la politique puérile et capricieuse!
Master Poulet a gagné au tribunal administratif, mais Bouamrane fait poser des pots de fleurs géants pour les empêcher de rouvrir pic.twitter.com/luCkkE3XH1
— La France insoumise Saint-Ouen (@LFIsaintouen) April 24, 2026
« Il n’y a que du gras dans les vitrines, c’est une honte »
Selon M. le maire, la présence de ce type d’établissement en « trop » grand nombre, « pose problème dans la diversité de nos commerces ». Il estime donc que « l’objectif » de la municipalité est « de multiplier la diversité des commerces, du bon, du beau et de la démocratisation de l’excellence », des qualités qu’il ne semble pas vraiment attribuer à « Master Poulet », situé juste en face du restaurant « Le Bouillon du coq » par Thierry Marx. Mais en région parisienne, la colère ne retombe pas. C’est aussi le cas à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, où une autre enseigne « Master Poulet » prend place dans le quartier Marcel Sembat.
Ici, le bras de fer se poursuit entre l’enseigne, les habitants et les commerçants du coin. « Il n’y a que du gras dans les vitrines, c’est une honte. Les costumes cravate viennent moins dans le secteur, ils ne viennent plus, ils assimilent Marcel Sembat à la fast-food, à la jeunesse… Ça a dégradé Boulogne », estime une commerçante qui confie que le quartier est désormais surnommé « la place de la malbouffe ». Pascale Blas, vice-présidente de l’union des commerçants, vise elle l’odeur qui émane du restaurant et qui serait responsable de bien des maux.
« Nous sommes ouverts. N’en déplaise à Karim (Bouamrane) »
« L’appartement est à vendre, ça vous étonne ? », demande-t-elle en pointant les fenêtres de l’immeuble situé juste au-dessus du « Master Poulet » de Boulogne-Billancourt. « Ça sent le poulet. Il y a eu des plaintes de riverains pour les odeurs, les files d’attente, le bruit que ça génère le soir. Si vous habitez là, vous ne pouvez plus ouvrir vos fenêtres ! », assure-t-elle.
La chaîne de restauration qui compte 36 restaurants en France dont 28 en Île-de-France accuse le maire de Saint-Ouen de faire de cette affaire « un sujet politique » et d’utiliser des « méthodes de cowboy ». « Ça le gêne peut-être qu’on soit présent sur le meilleur emplacement de Saint-Ouen (…) on préférerait peut-être avoir un commerce un petit peu plus noble. Sauf que le commerce ne vit pas. Qu’est-ce qui marche ? C’est un Master Poulet », lâche l’adjoint du PDG dans les colonnes de Franceinfo.
En réponse aux déclarations de Karim Bouamrane et au dépôt de gros pots de fleurs orange et de blocs de béton par la mairie, « Master Poulet » a suspendu des banderoles sur sa façade, indiquant notamment : « Nous sommes ouverts. N’en déplaise à Karim ». La France insoumise (LFI) Saint-Ouen, elle, dénonce une « pratique de la politique puérile et capricieuse ! » et rappelle que « Master Poulet a gagné au tribunal administratif » mais Karim « Bouamrane fait poser des pots de fleurs géants pour les empêcher de rouvrir », peut-on lire sur X.
CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE SOURCE SUR www.linternaute.com



GIPHY App Key not set. Please check settings