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Crise politique : François Bayrou sur la sellette, Emmanuel Macron cherche déjà un cinquième Premier ministre

Crise politique : François Bayrou sur la sellette, Emmanuel Macron cherche déjà un cinquième Premier ministre
PARIS, 13 décembre (Xinhua) -- François Bayrou s'exprime lors de la cérémonie de passation de pouvoir à Paris, en France, le 13 décembre 2024. Le président français Emmanuel Macron a nommé vendredi M. Bayrou au poste de Premier ministre, succédant à Michel Barnier, dont le gouvernement a été renversé par une motion de censure le 4 décembre. (Xinhua/Henri Szwarc)

Le gouvernement français s’apprête une nouvelle fois à vaciller. Lundi, François Bayrou pourrait être contraint de quitter Matignon, laissant Emmanuel Macron en quête d’un cinquième Premier ministre en moins de deux ans. En cause : son budget 2026, qui cristallise la colère d’une grande partie de l’opposition.

Une motion de confiance aux allures de couperet

En France, faire tomber un gouvernement est devenu presque aussi banal que de le critiquer. François Bayrou, nommé en juillet dernier, affrontera ce lundi une déclaration de politique générale suivie d’un vote de confiance. Un exercice rare sous le second mandat d’Emmanuel Macron… et qui pourrait bien lui coûter son poste.

Son plan d’austérité — 43,8 milliards d’euros d’économies pour ramener le déficit public de 5,4 % du PIB en 2024 à 4,6 % en 2026 — a provoqué une levée de boucliers. De la France insoumise au Rassemblement national en passant par les socialistes, les principaux partis d’opposition ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre le gouvernement. Autant dire que le sort du Premier ministre paraît scellé.

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Ni son offensive médiatique, ni ses rencontres de dernière minute avec les chefs de partis n’ont inversé la tendance. « Son sort semble fixé », glisse un député de la majorité.

Déroulé d’une journée sous haute tension

Le rendez-vous est fixé à 15 heures à l’Assemblée nationale. Bayrou prendra la parole pour défendre son budget, avant que chaque groupe politique ne dispose de son temps de réaction. Le vote de confiance devrait intervenir en début de soirée, vers 19 ou 20 heures, avec un verdict attendu une trentaine de minutes plus tard.

Reste à savoir si Emmanuel Macron s’exprimera immédiatement après. Lors de la chute de Michel Barnier en décembre dernier, le président avait attendu 24 heures avant d’adresser un message solennel aux Français.

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Un engrenage politique depuis les européennes

Tout a commencé le 9 juin 2024, lorsque le Rassemblement national a triomphé aux élections européennes. En réponse, Emmanuel Macron avait dissous l’Assemblée — un pari risqué qui s’est retourné contre lui. L’alliance de la gauche a raflé le plus grand nombre de sièges sans obtenir de majorité absolue, ouvrant une période d’instabilité chronique.

D’abord, Michel Barnier avait pris les commandes à Matignon, avant d’être renversé trois mois plus tard sur sa volonté de réduire le budget 2025. François Bayrou, son successeur, n’aura pas tenu plus de quelques semaines avant de déclencher à son tour une tempête politique.

En août, en pleine rentrée, il avait surpris le pays en annonçant qu’il soumettrait son plan budgétaire à un vote de confiance, avant même d’entamer de longues négociations parlementaires.

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Une crise aux conséquences économiques

Au-delà du théâtre politique parisien, l’enjeu est immense : la France doit impérativement réduire son déficit public, actuellement estimé à 5,6 % du PIB, pour respecter les règles européennes. L’objectif affiché par Bayrou était clair : atteindre 3 % d’ici 2029.

Les agences de notation et les institutions financières s’inquiètent déjà. Les taux d’emprunt français à 10 ans se rapprochent dangereusement de ceux de l’Italie, pays souvent cité comme symbole d’endettement excessif.

Pour François Bayrou, ce vote est bien plus qu’une formalité parlementaire. C’est un quitte ou double : « Mission impossible » pour convaincre les députés de se serrer la ceinture, ou dernier acte d’une carrière politique au sommet de l’État.

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