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Après les records de température, les vignerons de l’Hérault face à des grappes brûlées

« Nous sommes les témoins du dérèglement climatique » : les vignes de Catherine Bernard, viticultrice dans l’Hérault, ont été brûlées par le soleil et la chaleur lors des records de température enregistrés vendredi dans le Sud-Est. Comme d’autres, elle tire la sonnette d’alarme.

Deux jours après l’épisode caniculaire qui a brûlé une partie des vignes dans l’Hérault et le Gard, les viticulteurs constatent les dégâts et cherchent des explications. À Sussargues et à Restinclières (Hérault), les grappes ont été brûlées par le soleil.

« C’est un avertissement. Ce phénomène doit nous alerter », prévient Catherine Bernard, vigneronne à Restinclières, dont une partie des feuilles de vignes semble avoir été passées au sèche-cheveux.

Le matin du 28 juin, jour des records de température – 45,9°C ont été enregistrés à Gallargues-le-Montueux, à une quinzaine de kilomètres, dans le département voisin du Gard – , elle s’était rendue tôt dans ses vignes, qui ne portaient alors aucun stigmate de la chaleur: « Puis un voisin m’a alerté. Ça a été d’une brutalité extrême », a constaté cette vigneronne.

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En bordure de l’une des parcelles de grenache, les feuilles ont viré au marron, les grappes sont asséchées. Scrutant les ceps, Catherine Bernard alerte : « Ceci n’est pas juste un accident agricole. La vigne accompagne l’homme depuis plus de 6.000 ans. Si on ne peut plus la cultiver dans le Sud, il faut comprendre que nous ne pourrons plus cultiver autre chose non plus, et la vie de l’homme n’aura plus sa place ici ».

Au-delà de la canicule des derniers jours, trois années de stress hydrique subies par la vigne peuvent aussi, en partie, expliquer le phénomène.

–  » Du jamais-vu » –

À une petite dizaine de kilomètres, à Sussargues, Émilien Fournel cherche encore les raisons de ces brûlures soudaines. Issu d’une famille de viticulteurs depuis six générations, il a appliqué, à la lettre, les préceptes de ses ancêtres, et pratique une agriculture raisonnée depuis 2014.

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« C’est du jamais-vu », se désole-t-il. Les bordures de ses parcelles et celles les plus en hauteur sont les plus touchées. Les souches sont grillées, la vigne a des allures d’arbre mort. Sur le dessus, certaines baies sont roussies, d’autres totalement grillées et atrophiées.

 » À la mi-juin, nous poudrons de soufre. Est-ce que cela a eu pour effet d’augmenter la température du soleil ? Pourtant, nous avons toujours fait comme ça. Les grands-parents de mes grands-parents avaient les mêmes pratiques, aux mêmes dates », essaie-t-il de comprendre, en soulevant les feuilles jaunies. Ses vignes étaient palissées – le feuillage était relevé vers le haut – et écimées. « Après le palissage, les vignes sont directement à vue du soleil et du vent » : là encore, le vigneron s’interroge.

Sur les 35 hectares de vignes qu’il détient, Émilien Fournel espère pouvoir assurer 50 % de sa récolte : « J’attends la venue de l’oenologue lundi pour qu’il constate ce que l’on peut sauver ».

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Lundi, une visite sur le terrain en présence d’un représentant de l’État aura lieu à la demande de la chambre d’agriculture de l’Hérault dont la cellule d’urgence sera déclenchée le même jour. « Tous les viticulteurs touchés pourront être recensés afin de connaître le pourcentage des pertes et de faire appel au fonds de calamité agricole », précisé Jérôme Despey, président de cette chambre et numéro 2 de la FNSEA.

Si les conséquences économiques s’annoncent importantes, le problème que cela soulève est bien plus profond, note Catherine Bernard : « Évidemment que je trouverai des solutions pour mon exploitation. Mais il faut comprendre que le phénomène dépasse largement le périmètre viticole, et même celui de l’agriculture. Nous sommes tous interdépendants. C’est un carton rouge qui nous dit de revoir nos gestes depuis ces 50 dernières années ».

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