in

A Paris, la douloureuse campagne de LREM en attendant Villani

Ira ? N’ira pas ? Depuis l’investiture de Benjamin Griveaux pour être le candidat de LREM aux municipales à Paris, Cédric Villani semble se rapprocher de plus en plus d’une candidature dissidente, au risque de tout faire perdre à la majorité présidentielle.

Après un été de réflexions, le député de l’Essonne doit annoncer ses « intentions » mercredi, plusieurs médias annonçant déjà sa candidature, sans que l’intéressé ne démente.

D’ici là, le mathématicien, lauréat de la prestigieuse médaille Fields, doit encore « s’exprimer devant ses proches », précise à l’AFP son entourage. Le temps sans doute aussi de répondre à la main tendue de Gaspard Gantzer, candidat indépendant à la mairie de Paris, et à la lettre de Benjamin Griveaux, dans laquelle l’ancien porte-parole du gouvernement propose à M. Villani de « co-piloter » la campagne de LREM.

L’affaire paraissait pourtant réglée le 10 juillet lorsque, après des semaines de psychodrame, la Commission nationale d’investiture (CNI) a tranché en faveur de Benjamin Griveaux pour porter le drapeau de LREM en mars 2020. Mais la fronde portée par M. Villani ne s’est pas calmée et le mathématicien n’a jamais donné le moindre signe de ralliement.

A Lire aussi  Violences conjugales: quand les victimes perdent foi en la justice

Ce qui fait dire aujourd’hui à un ministre: « Reconnaissons qu’on entre au mois de septembre avec les mêmes problèmes que ceux du mois de juillet ».

S’il est candidat dissident, « est-ce que Villani échappera à un procès en déloyauté ? Non. Mais est-ce que cela lui nuira ? Non », ajoute ce dernier et ce, bien que M. Villani risque une exclusion immédiate d’LREM s’il décide d’y aller.

« Cédric est mathématicien, mais il faudrait qu’il soit bon calculateur. La division, c’est l’échec. Le rassemblement, c’est la victoire », prévenait lundi sur Europe 1 le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Risque de divisions, propos déplacés de M. Griveaux à l’égard de ses anciens concurrents… le début de campagne à Paris patine chez en Marche. Or, l’enjeu est de taille: « Une partie de la victoire des municipales se jouera à Paris » et « je ne vois pas le président de la République laisser Paris » à l’opposition, affirme un cadre de la majorité, qui n’a « pas le sentiment que Benjamin Griveaux fait son trou mais que Villani fait le sien ».

A Lire aussi  Une tornade à Arles provoque de lourds dégâts, des dizaines d'habitants évacués

– « Paysage éparpillé » –

S’il se présente, « la candidature de Cédric Villani serait une candidature alternative et pas dissidente », plaide Anne Lebreton, candidate à l’investiture qui avait rallié le mathématicien dans la dernière ligne droite.

Il n’empêche: dans les autres partis, on se délecte. « On n’aurait pas pu espérer un départ plus catastrophique de Benjamin Griveaux », se félicite un cadre du Parti socialiste. « En septembre, il se retrouve encore à essayer d’être investi par son parti, comme en juillet », ajoute ce responsable.

Et ce en dépit des soutiens de l’ancien candidat Mounir Mahjoubi et jeudi de la maire ex-LR du IXe arrondissement, Delphine Bürkli.

Pour tenter d’éclaircir la situation, le Premier ministre Edouard Philippe avait pourtant rencontré successivement en juillet Benjamin Griveaux, Cédric Villani et le candidat de centre-droit et député Agir, Pierre-Yves Bournazel.

A Lire aussi  Pour réguler les touristes, la Corse instaure des quotas

« On ne me demande rien, absolument rien », assure auprès de l’AFP M. Bournazel.

Dans l’entourage de la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, on confesse néanmoins qu' »une candidature de Cédric Villani n’arrange pas forcément ». « Villani candidat diminue les voix de Griveaux, mais nous en prend aussi », abonde une source chez « Paris en commun », structure qui rassemble les proches de la maire sortante Anne Hidalgo, dont la candidature doit être officialisée, selon plusieurs sources, en décembre.

Face à un « paysage éparpillé avec une multitude de candidats », le PS veut « montrer tout au long de l’automne que le rassemblement va se faire autour de Paris en commun, Générations, communistes ou encore de la société civile ».

Reste à voir ce que feront les écologistes, membres de la majorité sortante mais dragués depuis plusieurs jours aussi bien par Gaspard Gantzer et Isabelle Saporta, que par les équipes de Cédric Villani.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

US Open: Federer frustré, Djokovic blessé, Flushing arrosé…

Le Mondial de rugby, défi inédit pour le secteur japonais du tourisme