in

Entre horizontalité et verticalité, La République en marche à la recherche de son équilibre

La République en marche, acte II ? Le parti présidentiel, qui a réuni samedi ses cadres et militants à Bordeaux, est toujours animé de tensions internes sur son fonctionnement jugé par certains insuffisamment démocratique, notamment autour des investitures pour les municipales.

Après la verticalité assumée du macronisme triomphant, place à la « décentralisation » et « à plus de démocratie interne », a exhorté le patron du parti, Stanislas Guerini, lors des universités d’été du parti – baptisées « Campus des territoires » -, en revendiquant « humilité et modestie ».

Si le grand raout bordelais, premier du genre pour LREM, se veut une démonstration de force, avec plus de 3.000 participants revendiqués, il conclut une semaine de turbulences marquée par l’annonce de la candidature dissidente de Cédric Villani à la mairie de Paris.

Samedi matin, une nouvelle doctrine a été entérinée: la décision d’exclure ou non les impétueux qui braveraient les investitures revient désormais aux seuls candidats légitimes. A Paris, Benjamin Griveaux s’y est refusé, « sinon quoi il serait passé pour sectaire », fait observer un ponte du parti.

A Lire aussi  Rentrée scolaire dès mai, un choix "politique", selon le Conseil scientifique

Entamé en juin, le processus des investitures concentre les critiques, d’abord pour sa lenteur: à ce jour, la Commission nationale qui tranche pour les quelque 1.200 villes de plus de 9.000 habitants n’a effectué que 137 désignations.

« Ça n’est pas en janvier que je pourrai commencer une campagne: une municipale, ça n’est pas comme une législative », désespère une députée qui brigue une mairie. « Qu’ils commencent à faire campagne avant d’avoir l’investiture! », rétorque un cadre du parti, qui reconnaît « des potentialités bordéliques » dans ce mode de désignation des candidats, alors que Stanislas Guerini « assume » de « faire du cas par cas ».

Au-delà, c’est la bienveillance dont fait preuve LREM à l’endroit de certains maires sortants qui interroge, là où les marcheurs historiques se sont bien souvent organisés précisément en opposition aux exécutifs locaux.

« Si on veut faire la recomposition, on doit faire le dépassement. Et le dépassement, ça a un coût », tranche le numéro deux du parti, Pierre Person, qui met en garde contre « toute tentative de repli ».

A Lire aussi  sera-t-elle la nouvelle candidate démocrate à la place de Joe Biden ?

La grogne demeure: samedi matin, lors d’un conseil national, moins de la moitié des 800 membres étaient présents, quand seule une centaine de députés a fait le déplacement à Bordeaux. « On a des gens qui ont un respect sans borne à Emmanuel Macron, mais qui ne vouent pas beaucoup de culte à LREM », persifle un dirigeant du parti, reconnaissant « une participation un peu décevante ».

– Le risque des baronnies –

Le Campus bordelais a par ailleurs permis de présenter de nouveaux statuts du parti, trois ans après sa création, avec davantage d’autonomie accordée aux structures locales et l’élection d’animateurs locaux.

Au risque de créer des baronnies ? « Ce n’est pas facile de dessiner une horizontalité en gardant le projet », reconnaît Stanislas Guerini, qui voit dans la décentralisation proposée « un point d’équilibre ».

Sans faire l’unanimité: « Plus de démocratie pour quoi faire? Si c’est pour élire des gens dans les comités départementaux dont on sait pas ce qu’ils pensent… », pointe le député Aurélien Taché. Il plaide par ailleurs pour l’instauration de courants: sinon « le débat se fera en dehors. Les marcheurs ont besoin de figer les éléments de doctrine, tout ça mérite un débat de fond ».

A Lire aussi  Un passager accusé d'avoir attaqué un membre d'équipage au-dessus des États-Unis

« On ne grandira pas tant qu’on ne sera pas un mouvement mature d’un point de vue politique », abonde un haut cadre du parti, pour qui « le grand risque de La République en marche, c’est qu’on soit un parti à la Barack Obama, c’est-à-dire incapable de dépasser et survivre à Emmanuel Macron ».

Stanislas Guerini leur a opposé une fin de non-recevoir: « Je ne crois pas qu’il soit temps de devenir un parti de motions, qui au mieux masquent les ambitions personnelles, au pire révèlent les fracturations profondes dans lesquelles sont tombés les partis traditionnels », a-t-il tonné. « Pas de ça chez nous ! ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

« Gilets jaunes »: une rentrée sans grande ampleur, marquée par des violences

Brussels Classic: Caleb Ewan l’emporte d’un souffle