Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi devant la mairie de Levallois-Perret pour dénoncer l’incarcération « inadmissible » du maire de la ville, Patrick Balkany, condamné la veille à quatre ans de prison pour fraude fiscale, a constaté une journaliste de l’AFP.
« Cette condamnation est inadmissible, incompréhensible, c’est tout simplement scandaleux », s’est emportée Anne auprès de l’AFP. Ex-habitante de Levallois, elle a fait le déplacement pour signer un livre d’or de soutien au couple, disposé devant l’hôtel de ville.
Réaction similaire pour Nathalie, qui vit dans cette ville cossue des Hauts-de-Seine depuis 12 ans : « Aller en prison pour fraude fiscale, c’est complètement disproportionné ! Il paye pour tous les autres. »
« Cette histoire de mandat de dépôt, ça n’a pas de précédent. Personne, aucun politique condamné n’a dormi en prison. On fait ça pour l’humilier », abonde Thierry Khayat, tee-shirt blanc floqué de l’inscription « soutien total à Balkany ». « Le fait qu’il aille en prison, ça le renforce dans le cœur des Levalloisiens », poursuit-il.
Une heure après le début du rassemblement, Isabelle Balkany, qui assure l’intérim de son époux en tant que première adjointe, est sortie, sous les acclamations, saluer les habitants. « Je suis profondément touchée », a déclaré à la presse Mme Balkany, condamnée vendredi à trois ans de prison ferme, mais sans mandat de dépôt.
Figure de la droite française et maire de Levallois quasiment sans interruption depuis 1983, Patrick Balkany a été incarcéré vendredi après-midi à la prison de la Santé à Paris, dans la foulée de sa condamnation.
Le tribunal a jugé le couple Balkany coupable de n’avoir pas payé l’ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés pour chaque année à 16 millions d’euros minimum, et d’avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014.
Au total, les sommes éludées sont estimées par le fisc à plus de 4 millions d’euros d’impôts sur le revenu et sur la fortune, un montant contesté par la défense.
Le couple a en outre été condamné à dix années d’inéligibilité et dix ans d’interdiction de gérer une société. Il a fait appel.
Il s’agit du premier des deux jugements attendus après le procès ultra-médiatique du printemps. Pour le second volet, consacré aux délits de blanchiment et de corruption, le délibéré est attendu le 18 octobre.
GIPHY App Key not set. Please check settings