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Legislatives – Municipales 2020 : le Sdf pris au piège du double jeu permanent

En décidant défaire de la crise anglophone son fonds de commerce, la convocation du double scrutin du 9 février 2020 a fini par mettre en transe les responsables du Sdf qui ne savent plus sur quel pied danser.

Le Social Democratic Front (Sdf) n’a pas fini de multiplier les coups d’éclats permanents. Mardi 12 novembre dernier encore, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire du mois de novembre essentiellement budgétaire, députés et sénateurs du Sdf se sont encore donné en spectacle en laissant leurs sièges étrangement vides lors de l’ouverture desdites sessions du mois de novembre.

Comme un ingrédient incontournable, l’on apprendra que les parlementaires du Sdf avaient posé quelques préalables pour leur participation au double scrutin du 9 février 2020. Parmi ces préalables, la mise en oeuvre des recommandations du Grand dialogue national.

Seulement, comme il fallait s’y attendre, quelques heures après cette absence remarquée aux cérémonies officielles d’ouverture de session de l’Assemblée nationale et du Sénat, les députés et sénateurs du Sdf ont vite regagné les places dans les hémicycles où des projets de loi n’ont pas tardé à tomber, au moment où certains analystes leur demandaient de renoncer également à leurs différents et mirobolants avantages. Que s’est-il donc passé ? Mystère et boule de neige.

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On sait cependant que c’est John Fru Ndi en personne par le canal de la coordination nationale du Sdf qui va inviter par voie de communiqué de presse daté du 11 novembre, invitait les élus de son parti et tous les membres à jour de leurs cotisations, à constituer leurs dossiers de candidatures.

« En ma qualité de président de la commission nationale d’investiture et eu égard aux circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons, j’investis parla présente avec un droit de révision tous les membres actuels de l’Assemblée nationale et leur adjoint de constituer en conséquence, je demande également à tous les maires, maires adjoints et conseillers municipaux actuels et dûment investis de constituer leurs dossiers de candidatures », soutient alors le chairman qui insiste que « tout représentant élu d’un parti qui, nonobstant l’investiture exceptionnelle susmentionnée n’est pas disposé à se présenter à ces élections devra immédiatement en informer l’exécutif régional par écrit, afin que la procédure régulière soit engagée pour faire connaître la disponibilité d’un tel poste à la circonscription électorale concernée.»

Par la suite, c’est Joshua Osih, le vice-président du Sdf qui confirme ce rétropé-dalage du parti de la balance. Sur Rfi, ii indique : « Notre décision ne change pas notre position qui est : il est impossible d’organiser en l’état actuel des élections dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Mais il est de notre devoir de faire tout notre possible pour pousser le gouvernement pour aller vers la paix et ensuite on aura tout le temps pour avancer vers ces élections-là. Et nous espérons pouvoir y participer sereinement parce que nous espérons du fond de nos cœurs que la paix puisse revenir dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest avant ces élections. »

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Il précise également que : « Nous attendons maintenant que les conclusions de ce Grand dialogue soient présentées à l’Assemblée nationale en forme de projet de loi. Et entre temps, nous demandons aux militants de déposer leur dossier de candidature. » « Et si mi-décembre, rien n’est fait par rapport à ce Grand dialogue et que nos voyons que le gouvernement n’a aucune volonté d’avancer vers la paix, nous aurons toujours la possibilité de retirer toutes nos candidatures », menace l’ancien candidat à la présidentielle de 2018. « Pour l’instant, nous sommes candidats et nous allons à ces élections », soutient-il.

La remarque qui s’impose aujourd’hui c’est qu’au Sdf, l’on semble être à court d’arguments pour affronter l’électorat au point où la crise anglophone reste pour le parti de Ni John Fru Ndi, le seul programme qui lui reste. On comprend dès lors comment, le Chairman n’a eu de cesse de faire valoir son double jeu permanent au sujet de cette crise.

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Mais la question qui se pose aujourd’hui est celie de savoir pourquoi, le Sdf s’agite-t-il tant dans ces 2 régions qui en réalité ne peuvent plus être considérées comme ses bastions imprenables. Le Rdpc, depuis quelques années y fait de bonnes emplettes électorales. L’arrivée du Mrc pourrait y réduire finalement le Sdf à sa plus expression. Voilà sans doute pourquoi, Fru Ndi et ses hommes restent accrochés à cette crise qui est devenue leur dernière bouée de sauvetage.

Peut-on vraiment affirmer aujourd’hui qu’organiser à l’état actuel les élections dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, c’est consacrer la scission du Cameroun au moment où Ele-cam rassure et que le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation entend tout mettre en œuvre pour sécuriser ces élections. Ce qui fait dire à un analyste qu’il ne s’agira pas d’une élection parfaite, mais on peut dire sans risque de se tromper qu’elles se dérouleront dans des conditions minimales.

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