« Sortez volontairement! »: la médiation de religieux sur le campus hongkongais assiégé

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« Sortez volontairement et n’attendez pas l’assaut de la police… » Tel est en substance le discours que tenaient jeudi des religieux à l’intérieur de l’Université polytechnique de Hong Kong (PolyU) pour convaincre les manifestants retranchés d’abandonner les lieux.

Ils étaient une dizaine, notamment catholiques et protestants, à avoir encore obtenu jeudi l’autorisation de pénétrer sur ce campus totalement cerné depuis dimanche par les forces de l’ordre.

On ignore combien de manifestants sont toujours sur cette université située sur la péninsule de Kowloon, qui est depuis cinq jours le théâtre de la plus longue confrontation entre policiers et protestataires radicaux depuis le début de la mobilisation prodémocratie en juin. La plupart des reclus, désormais, se cachent.

Pour Yuen Tin Yau, pasteur protestant à la retraite âgé de 68 ans, leur intérêt est de sortir d’eux-mêmes, et de ne pas attendre d’être délogés par la force. Voilà trois jours qu’il se rend sur le campus pour parlementer, sans varier dans son discours.

« Tôt ou tard, la police entrera et les arrêtera. Ils résisteront, ce qui donnera un prétexte pour des poursuites pour participation à une émeute », une qualification passible de dix ans de prison, plaide-t-il auprès de l’AFP.

En début de semaine, la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam a promis que les manifestants mineurs se rendant à la police ne seraient pas poursuivis, tout en disant que des enquêtes seraient lancées contre les majeurs.

– « coeur brisé » –

« Environ 600 sont sortis, dont la moitié de majeurs », croit savoir le pasteur. « Beaucoup sont relâchés sous caution après deux jours de garde-à-vue. »

« Je crois que la police ne peut pas grand chose contre les manifestants qui sortent volontairement, à moins d’avoir par ailleurs des preuves permettant de les inculper de participation à une émeute », dit-il de sa voix tranquille.

En cas d’assaut, poursuit-il, la police filmera leur résistance et aura des preuves.

« Certains écoutent. Certains disent que nous sommes naïfs », témoigne-t-il. « On sent chez eux un conflit intérieur sur ce qu’ils doivent faire, même chez ceux qui prétendent ne pas avoir de doutes. »

Mais s’il a pu dialoguer mardi et mercredi avec de nombreux manifestants, rares sont eux qui se montraient encore jeudi. « Ils se cachent », déplore-t-il en croyant savoir que les plus radicaux dissuadent les autres de dialoguer.

« Nous sommes ici pour tenter d’aider si les jeunes veulent nous écouter », dit de son côté Dominique Mukonda, prêtre auprès du diocèse catholique de Hong Kong. « Nous ne les forçons pas. »

« Nous voulons les inciter à sortir car la vie est plus importante », poursuit le religieux qui se dit « le coeur brisé » devant le spectacle de désolation d’une université où il intervient parfois, en temps normal, en tant qu’aumônier.

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