Retraites: l’exécutif joue la sérénité en cherchant la sortie de crise

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S’affichant « calme et déterminé », l’exécutif s’efforçait jeudi de ne pas mettre de l’huile sur le feu face aux grévistes tout en assurant que le flou sur la réforme des retraites serait enfin levé la semaine prochaine.Alors qu’une bonne partie du pays tournait au ralenti, le gouvernement a voulu montrer qu’il était au travail en se réunissant pour un long conseil des ministres à l’Elysée autour du président Emmanuel Macron.La réunion a donné l’occasion de délivrer une série de messages, également relayés par des ministres et des élus de la majorité sur les radios et les télévisions, avec « l’apaisement » comme premier mot d’ordre. « Nous respectons la mobilisation des Français », a assuré la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye à l’issue du conseil des ministres. « Nous entendons aussi le fait qu’il y a des choses qui leur semblent aujourd’hui flou » dans la réforme, a-t-elle reconnu. Ce flou est, selon elle, « bien normal » puisque « les négociations ne sont pas achevées ». Pour cela, « la porte du gouvernement est évidemment toujours ouverte » aux organisations syndicales, appelées à revoir le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye en début de semaine prochaine.Le « Monsieur retraites » du gouvernement fera alors « une synthèse de ces discussions » avant que le Premier ministre Edouard Philippe ne s’exprime « vers le milieu de la semaine prochaine sur l’architecture générale de la réforme », a expliqué l’Elysée.En insistant sur ce séquençage, l’exécutif cherche à affirmer la primauté du processus de consultation sur la mobilisation sociale, surtout si grèves et manifestations sont appelées à durer. Ce qui s’annonce puisque le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a indiqué que la grève serait « reconductible pour un certain nombre de secteurs ». La SNCF a ainsi annulé 90% des TGV et 70% des TER vendredi.- « rapport de force » -Depuis le début de la journée, l’exécutif scrute le niveau de mobilisation, sans toutefois qu’une équipe dédiée n’ait été spécifiquement mise en place à l’Elysée. En fin d’après-midi, plus de 450.000 manifestants avaient battu le pavé dans une cinquantaine de villes, sans tenir compte de Paris, selon les comptages transmis à l’AFP par la police ou les préfectures. Dans la capitale, la CGT a revendiqué 250.000 manifestants.Appelé par Emmanuel Macron à « porter la réforme », Edouard Philippe s’est déplacé dans l’après-midi au Centre ministériel de veille opérationnelle et d’alerte (CMVOA) du Ministère de la Transition écologique pour faire le point sur les embarras dans les transports. Il y a « rendu hommage » aux syndicats de ce que « les manifestations se sont bien déroulées à peu près partout en France », en dépit d’incidents dans quelques villes, dont Paris.Quant au chef de l’Etat, revenu la veille au soir du sommet de l’Otan à Londres, il suivait la situation à l’Elysée, après avoir indiqué la veille qu’il s’exprimerait « devant les Français » au moment « opportun ».Sur le plan politique, le gouvernement continuait à faire face à un feu croisé de la gauche, présente dans les cortèges, et de l’extrême droite, les Républicains restant relativement discrets. Le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a ainsi estimé que Marine Le Pen faisait « un progrès en direction de l’humanisme » en soutenant la mobilisation contre la réforme.Plusieurs cadres du RN ont participé aux manifestations, mais pas Mme Le Pen. Le parti a par ailleurs lancé une pétition pour demander un referendum « pour ou contre la réforme ». En marge de la manifestation parisienne, l’eurodéputé écologiste (EELV) Yannick Jadot a regretté que le gouvernement « ne semble réagir qu’au rapport de force ».Gilles Le Gendre, le patron des députés LREM, a dénoncé « l’instrumentalisation politique » et les « récupérations », en visant particulièrement Jean-Luc Mélenchon, qui a manifesté à Marseille.Pour tenter de répondre aux inquiétudes, le gouvernement a précisé que le système universel de retraite qu’il prépare prendrait « en compte les situations spécifiques ». C’est à dire « de la dangerosité des fonctions », notamment pour les policiers, les militaires et le personnel pénitentiaire, ainsi que « des carrières longues, de la pénibilité et des incapacités permanentes de travail », a indiqué Sibeth Ndiaye.Elle a également souligné que le gouvernement avait pris « l’engagement extrêmement fort » d’une « revalorisation totale des carrières des enseignants ».

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