Le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin a exhorté lundi son camp à s’unir face à la menace de l’extrême droite dans la cité phocéenne, où la droite part divisée pour les municipales qui marqueront la fin de sa vie politique.
« J’aimerais qu’on arrive à une unité de candidature car c’est trop grave », a déclaré M. Gaudin lors de ses voeux à la presse, évoquant la menace d’une victoire du Rassemblement national. « Ce risque est énorme », a jugé l’ancien sénateur qui, à 80 ans dont 25 à la tête de la deuxième ville de France, ne se représentera pas en mars.
« Je ne peux pas rester à l’écart, j’essaie quotidiennement de faire un rapprochement » entre Martine Vassal (investie par Les Républicains) et Bruno Gilles, sénateur ex-LR et candidat dissident, a assuré le maire de Marseille.
M. Gaudin a réaffirmé son souhait de voir Bruno Gilles « conduire une liste LR et du centre au sénat en septembre »: « Il m’a dit que ça ne l’intéressait plus, les bras m’en tombent ». « Je crois que Mme Vassal a fait d’autres propositions à M. Gilles », a-t-il ajouté. La présidente de la métropole Aix-Marseille Provence et du département des Bouches-du-Rhône a été adoubée par le maire dès sa déclaration de candidature en septembre.
Evoquant par ailleurs le bilan de son action en 25 ans de mandat à quelques semaines de son départ de l’hôtel de ville, M. Gaudin s’est félicité en premier lieu de la baisse du chômage « qui était à quasiment 22% quand je suis devenu maire et qui est à 11% environ aujourd’hui ».
Ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale et le maire a assuré partager l’avis de ceux qui pensent « que c’est encore trop ». « Mais enfin, c’est mieux et même beaucoup mieux », a-t-il tonné.
« On a transformé Marseille », a-t-il aussi insisté en évoquant notamment le nombre de passagers de croisières passé de « 19.000 en 1995 » à près de deux millions en 2019, la zone de requalification urbaine Euromed près du port avec « ses 8.000 entreprises », l’ouverture du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem), ou le nombre d’habitants en « hausse de 8% en 20 ans ».
Se disant toujours « hanté » par l’effondrement de deux immeubles insalubres qui avait fait huit morts en novembre 2018, le maire a aussi défendu la politique de la ville, malgré les critiques accusant les autorités de négligence face au problème du logement insalubre.
« Quand on dit que la ville n’avait rien fait sur le logement indigne c’est faux », a déclaré M. Gaudin en égrenant des exemples de chantiers de réhabilitation en cours et passés dans plusieurs quartiers.
Selon la Fondation Abbé Pierre, 100.000 personnes vivent dans des « taudis » à Marseille.
En 25 ans, « oui, j’ai fait des choses bien, et, oui il y en a que je n’ai pas pu réaliser », a reconnu M. Gaudin. Parmi ses regrets? « J’aurais voulu faire un aquarium, un casino, j’aurais voulu un téléphérique ».
Ecartant toute candidature en politique après la fin de son mandat, il veut publier ses mémoires à l’automne. En profitera-t-il pour régler des comptes? « Oui », répond-il sans hésiter.
Outre Mme Vassal et M. Gilles, parmi les candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin figurent le sénateur RN Stéphane Ravier, Sébastien Barles pour EELV, l’élue écologiste Michèle Rubirola à la tête d’une union de la gauche, l’ancien président de l’université d’Aix-Marseille Yvon Berland, soutenu par LREM, ou encore la sénatrice ex-PS Samia Ghali.
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