Le départ du Royaume-Uni de l’UE ce vendredi à minuit est « un choc » et « un signal d’alarme historique » pour « l’Europe toute entière », a déclaré vendredi le président français Emmanuel Macron, à quelques heures du Brexit.
« Ce départ est un choc. C’est un signal d’alarme historique qui doit retentir dans chacun de nos pays, être entendu par l’Europe toute entière et nous faire réfléchir », a déclaré le chef de l’État dans une déclaration enregistrée à l’Élysée.
« Ce Brexit est possible (…) parce que nous avons fait de l’Europe trop souvent un bouc émissaire de nos propres difficultés, parce qu’aussi nous n’avons pas assez changé notre Europe ». « Plus que jamais nous avons besoin d’Europe, face à la Chine ou aux États-Unis pour défendre nos intérêts », a-t-il insisté.
Mais il faut rendre l’Europe « plus souveraine, plus démocratique, plus proche de nos concitoyens et donc plus simple aussi dans son quotidien et que nous réussissions à rebâtir un projet européen plus clair ».
« C’est un jour triste, ne nous le cachons pas. Mais c’est un jour qui doit aussi nous conduire à procéder différemment. A bâtir avec plus de détermination encore une Union européenne puissante, efficace et qui parvienne à vous convaincre davantage », a précisé le président français.
Évoquant la campagne sur le Brexit de 2016, selon lui « faite de mensonges, d’exagération, de simplifications, de chèques qu’on a promis et qui n’arriveront jamais », elle montre « qu’il faut à chaque instant nous souvenir de ce à quoi le mensonge peut conduire dans nos démocraties. »
M. Macron a insisté sur le fait que « durant toute l’année 2020 nous vivrons une période de transition » prévue jusqu’au 31 décembre. « Demain de manière très pratique, rien ne changera dans nos relations avec le Royaume-Uni », a-t-il dit, voulant rassurer à la fois les citoyens français au Royaume-Uni et les ressortissants britanniques qui sont « en France chez eux », « aujourd’hui » et « demain ».
Il a aussi évoqué les négociations sur la relation future en soulignant que l’UE devait « rester unie » à 27 pour les mener. Il a d’ailleurs reçu le négociateur européen Michel Barnier vendredi en fin de journée.
Ce nouveau « partenariat », Emmanuel Macron le veut « fort ». « Mais je le veux aussi exigeant car je veux vous protéger, vous défendre, protéger l’unité de notre Europe qui est indispensable ».
Il s’est enfin dit « profondément attaché à ce que durant cette négociation, nos intérêts, c’est-à-dire les intérêts de nos pêcheurs, de nos agriculteurs, de nos industriels, de nos chercheurs, de nos travailleurs, de nos étudiants soient maintenus ».
« Mais ce ne sera pas la même chose que la relation que nous connaissons depuis quelques décennies. On ne peut pas être à la fois dedans et dehors. Le peuple britannique a choisi de quitter l’Union européenne. Il n’aura plus les mêmes devoirs, il n’aura donc plus les mêmes droits », a-t-il averti.
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