Le principal accusé de l’assassinat de la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur en 2014 à Nice, son gendre polonais Wojciech Janowski, était absent lundi à l’ouverture du procès en appel, après une nouvelle hospitalisation.
En début d’audience, constatant l’absence de Wojciech Janowski, le président de la cour d’assises siégeant en appel à Aix-en-Provence, Jean-Luc Tounier, a lancé « une sommation interpellative par voie d’huissier » pour que l’accusé se présente. Ce dernier peut toutefois refuser d’obtempérer et le procès pourra se tenir s’il est représenté par son avocat.
En février, l’avocat de l’ex-homme d’affaire et ex-consul général de Pologne à Monaco, Me Jean-Jacques Campana, avait fait une demande de renvoi du procès pour raison de santé, mettant en exergue « une suspicion de cancer colorectal » et un AVC.
Une coloscopie qui a eu lieu en 2017 n’a rien révélé « et il n’y a pas eu d’AVC, il n’y a pas d’hémiplégie », a indiqué le président de la cour sur la base du rapport des experts qui avaient examiné Wojciech Janowski et conclu qu’il pouvait comparaître durant la durée du procès, qui doit se dérouler du 2 au 27 mars.
Vendredi, deux jours avant l’ouverture du procès, l’ex-homme d’affaires polonais a de nouveau demandé à être hospitalisé mais a refusé tout examen médical. « On va voir s’il apparaît », a réagi Gildo Pastor, le fils d’Hélène. Pour l’avocat de celui-ci, Gérard Baudoux, « c’est une responsabilité que M. Janowski prend, il faudra qu’il l’assume ».
Wojciech Janowski, 70 ans, a été condamné en première instance en octobre 2018 à la réclusion à perpétuité pour avoir commandité le meurtre de sa belle-mère et de son chauffeur, Mohamed Darwich, tous deux mortellement blessés par balles alors qu’il sortaient d’un hôpital, à Nice, où Mme Pastor avait rendu visite à son fils Gildo. Les victimes étaient alors âgées de 77 et 63 ans.
Juste après le drame, Wojciech Janowski avait avoué en garde à vue être l’instigateur du guet-apens. Il s’était ensuite rétracté, niant toute implication, faisant valoir que ses aveux lui avaient été « extorqués » par les policiers.
Dans une volte-face de dernière minute, son avocat en première instance Eric Dupond-Moretti avait concédé que son client était bel et bien le commanditaire de l’assassinat de Mme Pastor, mais pas de celui du chauffeur — des propos de nouveau contestés neuf mois plus tard, par Wojciech Janowski, qui accusait Me Dupond-Moretti d’avoir plaidé coupable contre son gré.
Pour l’accusation, le mobile de Wojciech Janowski était avant tout l’argent: au bord du gouffre financier, il voulait s’approprier une partie de l’héritage de Mme Pastor.
Sont également rejugés en appel quatre autres protagonistes du guet-apens mortel.
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