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« A bout », les greffiers de Bobigny en grève exigent des moyens

« On n’en peut plus, on est à bout »: des dizaines de greffiers, soutenus par avocats et magistrats, se sont rassemblés mercredi devant le tribunal de Bobigny pour dénoncer une charge de travail « intenable » dans une juridiction qui fonctionne grâce au « système D ».

« Justice sans moyens = Justice morte », derrière une pancarte, une greffière de 28 ans raconte son ras-le-bol. « On se tue à la tâche. Ça fonctionne à la bonne volonté des gens », dit la fonctionnaire, en poste aux audiences de comparution immédiate.

Pour elle, l’heure moyenne de fin des audiences « c’est 21H00-22H00 tous les soirs ». Résultat, les onze heures de repos quotidien prévues par la loi ne sont souvent pas respectées.

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A ses côtés, des magistrats et des avocats, en grève depuis deux mois et venus apporter leur soutien à ces fonctionnaires qui croulent sous les dossiers dans une juridiction « où les difficultés sont plus aiguës qu’ailleurs ».

Le taux de greffiers mobilisés s’élevait à 44 % mercredi, selon Cyril Papon, responsable CGT, qui souligne une mobilisation « rarissime ». Parmi leurs revendications: une « trentaine » de fonctionnaires supplémentaires au tribunal et une revalorisation salariale.

Les grévistes pointent aussi le « turn-over », avec des agents qui « partent dès qu’ils peuvent »: un tiers des fonctionnaires du tribunal change chaque année, selon le syndicaliste.

A Bobigny, deuxième tribunal de France, les effectifs ont été renforcés ces dernières années, après plusieurs grèves dans la juridiction. Mais le nombre d’audiences a lui aussi augmenté, soulignent les grévistes.

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Un greffier, en poste à l’instruction depuis près d’un an, assure faire chaque mois 30 à 40 heures supplémentaires non payées.

« On a des délais de notifications, de convocations. Si on ne les respecte pas des détenus peuvent demander à sortir », dit-il.

« On n’en peut plus, on est à bout », ajoute une de ses collègues.

« Un greffier gagne 1.600 euros net au démarrage. Déjà c’est compliqué si vous habitez dans la Creuse mais ici à Paris… Quand je suis arrivée j’ai dû faire neuf mois à l’hôtel, là je vis en HLM », explique cette femme de 42 ans.

« Sur mon bureau j’ai des dossiers de 2013, 2014… C’est incompréhensible, et pour les victimes et pour les mis en examen », ajoute-t-elle. « Mais Bobigny on s’en fout, c’est le 93 ! »

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Avocats, magistrats et greffiers ont appelé à une journée de mobilisation nationale le 12 mai.

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