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rétablir les liens familiaux pour ne pas mourir de chagrin

Le confinement dans les Ehpad protège les personnes âgées contre le coronavirus mais conduit parfois à un état de détresse qui peut être fatal, d’où l’importance de rétablir des liens familiaux, insistent les professionnels et les associations de patients.

Le département du Bas-Rhin, dans la région Grand Est durement touchée par l’épidémie de Covid-19, a ré-autorisé samedi les visites aux pensionnaires des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), au cas par cas et en respectant des consignes de sécurité strictes.

Cette décision a été saluée par l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), pour qui l’Etat doit étendre la mesure à tous les établissements, afin de trouver « un juste équilibre entre santé physique et santé psychique des personnes âgées ».

Marie-France est infirmière dans une unité Covid-19 d’un Ehpad des Hauts-de-Seine. Elle raconte le cas de ces « deux patientes qui se laissaient mourir de chagrin. On a pris contact avec les familles et organisé une visite. Depuis, c’est comme si elles revivaient ».

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– « Syndrome de glissement » –

« Les personnes âgées souffrent de l’isolement. Elles vont être confinées encore un certain temps, on le sait. Il ne faudrait pas qu’elles soient encore plus malades de désespoir. On doit pouvoir être en capacité de permettre les visites », estime Gérard Raymond, président de France Assos Santé, un collectif d’associations de patients.

Le 15 avril, l’Académie de médecine a estimé que « les souffrances morales induites » par le confinement des personnes âgées ne devaient « pas être sous-estimées ».

La gérontopsychologue Angie Cochet évoque le risque d’un « syndrome de glissement » des personnes âgées. « Leur objectif de vie est de voir leur famille et, dans cette période, elles perdent cet objectif. C’est primordial qu’elles puissent maintenir le lien ».

« Il est important que les personnes âgées reprennent un peu contrôle sur leur vie, qu’elles aient un sentiment d’utilité (par exemple, en envoyant des messages de soutien aux petits-enfants), qu’elles puissent retrouver leur place et leur posture d’aîné et pas de personne oubliée, confinée en chambre dont il faut s’occuper continuellement », insiste cette spécialiste, qui intervient dans un Ehpad de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret) accueillant des patients souffrant de troubles neuro-dégénératifs.

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« On a des résidents qui ont besoin de repères: le personnel qui s’occupe d’eux leur est familier et connaît bien leurs habitudes de vie, on a mis en place des sessions Skype avec les familles » avec lesquelles sont échangés photos et mails.

– « Pas de discrimination » –

Cette psychologue prend aussi contact chaque semaine avec les proches. « On a des familles qui, du fait de la pathologie de leur parent, étaient très présentes, certaines venant tous les après-midi. L’objectif est de pouvoir les soutenir, les accompagner », explique-t-elle.

Clémence est ergothérapeute dans deux Ehpad d’Occitanie, où son travail consiste à aider les personnes âgées à maintenir leur autonomie pour les gestes de la vie quotidienne. « On a des personnes qui ont du mal à se situer dans le temps. Certaines se croient dans les années 1960. Ne pas voir leur famille empêche de s’ancrer dans la réalité. »

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La directrice générale du groupe de maisons de retraite Korian, Sophie Boissard, a réclamé le rétablissement d’un « minimum de liens sociaux entre (les) résidents et leurs proches », dans Le Figaro de jeudi.

« Il pourrait s’agir de visites en plein air, hors les murs, pourquoi pas en présence de volontaires qui seraient testés. Nous devons y réfléchir maison par maison », selon la dirigeante du numéro un européen des maisons de retraite.

Vendredi, l’Elysée a fait savoir qu’Emmanuel Macron « ne (souhaitait) pas de discrimination » des personnes âgées dans le cadre du déconfinement progressif après le 11 mai.

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