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enseignants et parents réclament des précisions sur le protocole sanitaire

« A ce stade, il nous faut un protocole sanitaire précis pour pouvoir s’organiser concrètement » et « pas des dates »: à l’issue des annonces mardi du Premier ministre sur le déconfinement à l’école, syndicats enseignants et parents d’élèves demandent « expressément » des précisions du ministre de l’Éducation.

Dans son discours à l’Assemblée, Édouard Philippe a proposé « une réouverture très progressive » des écoles maternelles et élémentaires à compter du 11 mai, « partout sur le territoire, et sur la base du volontariat », et à raison de 15 élèves maximum par classe.

Puis « à compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, nous pourrons envisager d’ouvrir les collèges, en commençant par la 6ème et la 5ème », a-t-il ajouté.

La décision de rouvrir les lycées début juin serait elle prise fin mai.

Les élèves de Terminale passant un bac général, technologique et professionnel seront évalués cette année uniquement via le contrôle continu, en raison de l’épidémie de coronavirus.

Il y a une semaine, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer avait esquissé les pistes d’un retour à l’école étalé sur trois semaines à compter du 11 mai, par niveau de classe, avec des groupes de 15 élèves maximum.

Le Premier ministre a présenté un plan de déconfinement très progressif, mettant en garde contre un risque d' »écroulement de l’économie ».

« On ne comprend plus rien: on a un discours de prudence sur tout sauf sur l’école. Pourquoi faut-il se dépêcher de rouvrir les classes de maternelle et primaire, alors que ce sont des lieux de grande promiscuité », s’interroge Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Et d’ajouter: « on nous dit que c’est 10 personnes maximum partout, et en classe c’est 15, on dit non ». « On demande des précisions sur le protocole sanitaire », poursuit-elle.

« Il faut aussi qu’on soit très clair, si une école ne peut pas présenter toutes les conditions sanitaires, elle ne rouvre pas », propose Mme Popineau.

Pour Stéphane Crochet, secrétaire général de SE-Unsa, « la reprise pour les écoles, telle que présentée, est inacceptable et impossible. Il y a zéro cadre sanitaire », regrette-t-il aussi.

Le Premier ministre a annoncé que le port de masques était « obligatoire pour les collégiens » et qu’ils seraient fournis à ceux « qui n’auraient pas réussi à s’en procurer ». Tous les enseignants et encadrants recevront des masques. En revanche le port du masque « est prohibé en maternelle » et « pas recommandé, compte tenu des risques de mauvais usage, à l’école élémentaire ».

– « Inquiétude chez les parents »-

Edouard Philippe a justifié « la réouverture des écoles » par la nécessité de vouloir « garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d’entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement ». Il a également précisé vouloir « laisser le maximum de souplesse au terrain ».

Mais « laisser la souplesse au terrain est absurde. Si chacun mène son protocole sanitaire et organisationnel dans son coin, ce n’est pas entendable », critique Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

Selon elle les enseignants sont « assez en colère : encore une fois, nous avons des dates qui ne veulent rien dire, alors qu’à ce stade il nous faut un protocole sanitaire précis pour pouvoir s’organiser concrètement ».

Pour Sophie Vénétitay, Jean-Michel Blanquer doit apporter « expressément » des précisions, il y a trop de questions en suspens sur « la gestion des masques, du nombre d’élèves par classe, du jonglage des profs entre présentiel dans les classes et enseignement à distance… ».

Du côté des parents d’élèves, Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE, première fédération de parents, demande à ce que « les conseils d’école puissent être convoqués très rapidement pour savoir comment tout ça peut être mis en place ». Il regrette cependant le « flou total qui créé de l’inquiétude chez les parents ».

En l’absence de précisions rapides sur le protocole sanitaire, des syndicats brandissent la carte du droit de retrait. « Si nous en restions là, nous pourrions avoir à utiliser la consigne du droit de retrait. Mais comme cela change toutes les heures… Si on l’utilise, cela se fera d’abord avec le droit d’alerte », lance Stéphane Crochet.

Jean-Rémi Girard du Snalc l’assure: « on va continuer à étudier la possibilité de demander le droit de retrait pour les personnels » qui le souhaiteraient.

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