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Au moins 27 civils, dont des enfants, massacrés dans le nord-est de la RD Congo

Des femmes et des enfants faisaient partie d'au moins 27 civils assassinés lors de deux attaques distinctes dans le nord-est troublé de la République démocratique du Congo, ont indiqué dimanche des responsables locaux à l'Agence France-Presse (AFP).

Le premier incident, dans la province d'Ituri, aurait été perpétré par une milice régionale notoire du samedi au dimanche. La seconde a eu lieu près de Beni.

"Nous avons pour l'instant 20 personnes tuées et 17 blessées, dont certaines admises à l'hôpital", a déclaré à l'AFP Adel Alingi, un administrateur du territoire de Djugu, ajoutant qu'une milice régionale notoire était soupçonnée d'avoir perpétré le dernier massacre dans la nuit de samedi à dimanche.

Un autre responsable local a déclaré que 22 personnes avaient été tuées.

Pilo Mulindro, chef de tribu, a déclaré à l'AFP par téléphone que "les victimes sont de tous âges, des enfants, des jeunes, des femmes et des vieillards, tués à la machette, au couteau ou à l'arme à feu".

Les autorités locales ont blâmé la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) pour le massacre, l'un des dizaines de groupes armés répartis dans le pays ravagé par le conflit.

Le CODECO est accusé du meurtre de centaines de civils cette année seulement.

Ses membres sont principalement issus de l'ethnie lendu, qui sont principalement des agriculteurs, et s'affrontent à plusieurs reprises avec la communauté hema de commerçants et éleveurs en Ituri – une région riche en or et en pétrole.

Dimanche, l'attaque est apparemment venue d'une zone Lendu alors que les victimes étaient de l'ethnie Hema, a indiqué une source locale.

Dans le territoire de Djugu, qui couvre plus de 8 000 kilomètres carrés (3 000 miles carrés), les villages des deux groupes sont entrecoupés et le porte-parole militaire Jules Ngongo a déclaré à l'AFP: "Aucune armée au monde ne peut être partout dans une zone comme Djugu".

Deux bataillons des Nations Unies sont également en poste dans la province et sont soutenus par les troupes des forces spéciales uruguayennes, a annoncé fin avril la mission de maintien de la paix de l'ONU MONUSCO.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées dans la région entre 1999 et 2003. L'ONU affirme que la plupart des victimes ont été ciblées parce qu'elles étaient hema.

Le conflit a ravivé ces dernières années et un rapport de l'ONU a déclaré en janvier que certains décès pourraient constituer un "crime contre l'humanité".

Lors de la deuxième attaque, près de la ville de Beni, sept personnes ont été tuées par les Forces démocratiques alliées (ADF), a indiqué un responsable local.

"Il y a eu une incursion. Les ADF ont réussi à tuer sept personnes et à en blesser quatre autres", a expliqué à l'AFP Donat Kibwana, l'administrateur de la région.

L'incursion a eu lieu dans la matinée à Kokola, à environ 45 km au nord de Beni dans une partie de la province du Nord-Kivu où les ADF sont accusées du massacre de près de 400 personnes depuis novembre.

Les assaillants ont incendié quatre maisons. "La situation a créé une panique généralisée dans la population locale, perturbant la circulation routière", a déclaré un représentant local, Bravo Muhindo.

"Nous appelons l'armée pour nous aider à neutraliser les ADF qui continuent de nous faire pleurer", a-t-il ajouté.

Pour l'ensemble du pays, le nombre de victimes de violences ethniques s'élève à près de 1000 depuis décembre 2017.

Selon le HCR le 8 mai, le bilan de cette année a fait au moins 274 morts et 200 000 personnes qui ont fui les violences.

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