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Omar, 8 mois, victime de l’arrêt de la coordination Israël-Palestiniens

Souffrant de problèmes cardiaques, Omar Yaghi, bébé palestinien de huit mois, devait être transféré de Gaza en Israël pour subir une intervention médicale. Mais avec la fin de la coordination décrétée par les Palestiniens, l’opération a été repoussée et Omar est décédé.

La famille Yaghi est « effondrée » depuis sa mort le 18 juin. Des ONG le qualifient de première victime depuis l’arrêt de la coordination sécuritaire annoncé en mai par le président Mahmoud Abbas pour protester contre le projet israélien d’annexer des pans de la Cisjordanie occupée.

« Nous sommes les victimes de ce différend », soupire Mohamed, l’oncle du garçon, précisant que les parents du défunt lui ont demandé de répondre aux questions de l’AFP car eux-mêmes sont trop bouleversés.

Né en octobre avec des problèmes cardiaques, Omar devait subir une intervention chirurgicale le 24 mai, soit quatre jours après la décision de M. Abbas. Or, l’opération d’Omar était prévue en Israël, pays qui dispose d’hôpitaux à la pointe de la technologie.

Les blessés et malades graves des territoires palestiniens de Gaza et Cisjordanie peuvent être traités dans des hôpitaux en Israël mais leur transfert exige une coordination entre les administrations.

Si le mouvement islamiste Hamas contrôle Gaza, cette coordination pour y entrer et en sortir s’effectue entre Israël et l’Autorité palestinienne de M. Abbas.

Après sa suspension fin mai, des ONG se sont mobilisées pour trouver une solution.

Mais Omar s’est éteint trois jours avant la nouvelle date prévue pour son opération dans un hôpital près de Tel-Aviv, située à une soixantaine de kilomètres au nord de Gaza, enclave paupérisée sous blocus israélien depuis plus d’une décennie.

– Qui est responsable? –

Qui est responsable de la mort du bébé Omar? « L’occupation est responsable de l’accès depuis Gaza », affirme Mohammed, contacté par téléphone par l’AFP, en allusion au contrôle par Israël des accès de Gaza.

L’organe du gouvernement israélien chargée de la coordination avec les Territoires palestiniens, le Cogat, dit continuer d’accorder l’accès « à des résidents de la bande de Gaza pour les traitements vitaux et autres besoins humanitaires ».

Un mois après sa naissance, Omar avait été transféré à l’hôpital Tel Hashomer.

Le 17 juin, peu avant minuit, ses parents l’ont amené dans un hôpital de Gaza, « où il a subi une réanimation cardiaque et a été placé sous ventilateur », explique son oncle. Mais son état s’est rapidement détérioré.

Sa famille a alors tenté d’obtenir un transfert d’urgence en Israël. « Mais à dix heures du matin (le 18 juin), l’administration de l’hôpital a contacté Ahmed, le père d’Omar, pour l’informer de la mort de son fils », raconte l’oncle.

– « Dans l’inconnu » –

Dans un communiqué, l’ONG israélienne « Docteurs pour les droits de l’Homme », qui avait aidé la famille à trouver une autre date pour l’opération, a imputé la mort du bébé à la fois à Israël et aux responsables palestiniens.

« Israël est le premier responsable, puis l’Autorité palestinienne n’a pas donné d’alternatives » pour soigner Omar sur place, dénonce Ghada Majadle, directrice générale de cette ONG, pour qui le système de permis israélien est « bureaucratique et arbitraire », ce que nie Israël.

Côté palestinien, le directeur des transferts médicaux au ministère de la Santé, Dr Haitham Al-Hadra, réfute la thèse d’une absence d’alternative palestinienne.

« 95% des conditions médicales peuvent être traitées dans les hôpitaux palestiniens, qu’ils soient gouvernementaux ou privés », note-il. Il affirme aussi que, depuis la décision de M. Abbas, des patients qui ont besoin de passer en Israël effectuent « eux-mêmes » la coordination sans passer par son ministère.

Mais Omar n’est pas un cas unique.

Atteinte de leucémie « aiguë », Hala al-Johari, 58 ans, de Naplouse en Cisjordanie, doit se rendre chaque semaine à l’hôpital Hadassa Ein Kerem de Jérusalem, pour se faire injecter des plaquettes et renforcer ainsi son sang.

Les autorités palestiniennes payaient pour son traitement à Jérusalem ainsi que pour ses médicaments et facilitaient aussi son transport sur place. Mais depuis la fin de la coordination, rien ne va plus pour cette Palestinienne.

« Je suis dans l’inconnu », dit-elle à l’AFP.

Ces derniers jours, des patients palestiniens atteints de cancer ont manifesté à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne. « On vient de m’appeler pour me dire que j’aurais suffisamment de médicaments pour le prochain mois », souffle-t-elle, la voix étouffée de sanglots avant d’ajouter: « Je ne veux pas mourir ».

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