Ollier réélu sur le fil, « opération rondement menée » ou « petites magouilles » ?

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Après Marseille, « on est en train de faire bien pire »: favori, le lieutenant de Valérie Pécresse, Vincent Jeanbrun, a finalement du céder sa place à Patrick Ollier (LR), réélu jeudi à la tête de la Métropole du Grand Paris, grâce au soutien d’Anne Hidalgo.

Au départ, ils étaient quatre candidats officiels dont l’élu de droite Vincent Jeanbrun soutenu par la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. Or, Mme Pécresse est une farouche adversaire de la MGP, sur fond de rivalité avec la maire de Paris Anne Hidalgo, première vice-présidente de la métropole.

Face à M. Jeanbrun, le centriste Philippe Laurent, le socialiste Daniel Guiraud, Patrice Leclerc (Front de gauche) et… malgré lui, Patrick Ollier, qui bien que non candidat a récolté neuf voix au premier tour.

Avant l’annonce du résultat, André Santini, président de l’Assemblée en sa qualité de doyen et maire (Les Centristes) depuis 40 ans d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), prévient: « Ne partez pas après le résultat. C’est juste le hors d’oeuvre ».

En effet, les premiers résultats semblent serrés entre le candidat de la droite et celui du centre (79 voix contre 73, sur 207 votants) pour diriger cette métropole qui regroupe la capitale et 130 communes d’Ile-de-France, pour plus de sept millions d’habitants, mais dont l’existence même et son périmètre sont contestés.

Le socialiste Emmanuel Grégoire, par ailleurs Premier adjoint d’Anne Hidalgo, demande alors une suspension de séance. « Il n’y a pas de majorité », relève l’élu.

Piqué, Vincent Jeanbrun, soutenu par Valérie Pécresse (Libres) et Rachida Dati (LR), et dont la fiche Wikipedia indiquait déjà, avant d’être effacé, « devrait devenir président de la Métropole du Grand Paris », est passablement énervé.

« On a défrayé la chronique avec ce qui s’est passé à Marseille, et on est en train de faire bien pire ici, aujourd’hui », s’agace le maire de L’Haÿ-les-Roses, âgé de 36 ans, avant de demander à son tour une suspension de séance, prolongée toutes les dix minutes.

Deux heures plus tard, à la surprise générale, Patrick Ollier déclare sa candidature: « La situation est difficle et le problème c’est l’avenir de la Métropole. (…) Je suis candidat en tant que candidat de rassemblement », déclare le président sortant, 75 ans mais « enthousiaste de pouvoir continuer le travail ».

Cette fois, les candidats apportent leurs soutiens à Patrick Ollier, qui est réélu avec 133 voix sur 137 suffrages exprimés.

« C’est ce qu’on appelle une opération rondement menée », se réjouit Emmanuel Grégoire.

– « Vous faites honte » –

L’élection relève d’un « irrespect total », de « petites magouilles », dénonce de son côté Vincent Jeanbrun.

« Vous faites honte, certains ici font honte à la démocratie », peste l’élu, qui « en responsabilité », se retire de la course à la demande de Valérie Pécresse pour ne pas risquer de « laisser gagner un groupe minoritaire, l’UDI », confie l’intéressé à l’AFP.

Plusieurs dizaines d’élus de droite, dont la candidate LR aux élections municipales de Paris, Rachida Dati, refusent de prendre part au vote et quittent l’hémicycle, et dénoncent la trahison d’un des leurs.

« Ca fait trois jours qu’il (Patrick Ollier, Ndlr) négocie. Le deal était fait entre (lui), Anne Hidalgo et Jean-Christophe Lagarde depuis plusieurs jours », s’agace M. Jeanbrun.

« Ce n’est pas la démocratie mais le népotisme », ajoute le candidat malheureux, attaquant « la grande duchesse de la métropole, qui s’appelle Madame Hidalgo, et qui a donné, comme à la noblesse de la grande époque, les postes, les fauteuils et les délégations ».

« Heureuse » du résultat du vote, Mme Hidalgo rappelle elle à sa rivale, Valérie Pécresse, que « la MGP ne peut pas être l’otage du démarrage d’une campagne régionale ». « Depuis des années, Valérie Pécresse essaye de dynamiter de l’intérieur comme de l’extérieur cette métropole », déplore-t-elle auprès de la presse.

En jeu également, le poste de première vice-présidente que conserve la maire de Paris, et qui avait été promis à Rachida Dati en cas de victoire de M. Jeanbrun.

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