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Le Mali libère 180 terroristes présumés

Le Mali a libéré ce week-end 180 prisonniers qui sont des membres présumés d’un groupe terroriste, dans le cadre des négociations pour la libération d’un éminent politicien malien, ont indiqué lundi des sources proches des pourparlers.

Soixante-dix prisonniers samedi et 110 dimanche ont été transportés par avion vers le nord du pays depuis une prison de la capitale Bamako, a déclaré le responsable, qui a demandé à ne pas être nommé en raison des restrictions imposées à la communication avec les médias. Un responsable des services de sécurité a confirmé l’information.

Les prisonniers ont été libérés dans la région centrale de Niono et à Tessalit dans le nord après leur arrivée par avion, a indiqué le responsable.

Leur libération a alimenté les spéculations selon lesquelles le principal chef du parti d’opposition au Mali, Soumaila Cissé, qui a été enlevé par des hommes armés non identifiés en mars avec six membres de son équipe alors qu’il faisait campagne, pourrait bientôt être libéré après avoir été détenu pendant plus de six mois.

Cissé est un ancien chef de l’opposition et trois fois candidat à la présidence. Il a été pris en otage le 25 mars alors qu’il faisait campagne dans sa région natale de Niafounke, avant les élections législatives.

Fin septembre, le chef de la junte militaire malienne a déclaré qu’il occuperait les fonctions de vice-président dans un gouvernement de transition censé ramener la démocratie plus d’un mois après le coup d’État d’août qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita.

Le chef de la junte, le colonel Assimi Goita, a lui-même fait l’annonce à la télévision nationale du Mali, ORTM, affirmant qu’il avait été choisi comme vice-président. Il a déclaré que le major-colonel à la retraite Bah N’Daw a été nommé président du gouvernement de transition, qui doit être inauguré le 25 septembre.

La nomination d’une personnalité ayant des liens étroits avec l’armée soulève des questions sur le retour du pays à un régime civil car elle risque d’être immédiatement rejetée par la communauté internationale, qui a appelé la junte malienne à rétablir le régime civil le plus tôt possible ou les sanctions. Selon une feuille de route soutenue par la junte sur le rétablissement d’un régime civil, le président de transition est censé régner pendant au plus 18 mois avant d’organiser des élections nationales.

La Communauté économique des 15 États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a insisté sur le fait que le président et le vice-président du gouvernement intérimaire doivent être des civils. Le groupe régional a déjà fermé les frontières du Mali et arrêté les flux financiers vers le pays à la suite du coup d’État. Les sanctions pourraient mordre durement le pays pauvre car il est déjà confronté à une grave récession économique ainsi qu’à une insurrection militante mijotante et à une violence interethnique chronique.

La communauté internationale a exprimé sa profonde préoccupation face à la prise de contrôle militaire, qui pourrait déstabiliser davantage la région de l’Afrique de l’Ouest.

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