Macron sous pression, attendu sur des résultats concrets

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A-t-il anticipé ou sous-estimé le danger ? Emmanuel Macron est plus que jamais attendu sur des résultats concrets contre l’islamisme radical, après un assassinat effrayant qui survient juste au moment où il allait durcir sa politique.

De l’extrême-gauche à l’extrême-droite, toute la classe politique a condamné avec force la décapitation d’un enseignant pour un cours sur la liberté d’expression où il a montré une caricature de Mahomet.

Comme le massacre de Charlie Hebdo en 2015, la vague d’horreur dépasse les clivages, en mêlant le sujet de la lutte contre l’islamisme, cheval de bataille de la droite, et la défense des enseignants, chère à la gauche.

Mais LR et RN sont montés au créneau en demandant au président davantage de fermeté et « des actes » contre l’islam radical, leur angle d’attaque favori à un an et demi de la présidentielle. Même le patron de LFI Jean-Luc Mélenchon a demandé samedi de « réprimer efficacement là où est le mal ».

Au Sénat, LR va faire examiner lundi une proposition de loi sur la laïcité afin d’inscrire dans la Constitution la prééminence des règles de la République sur religions ou origines, un texte préparé avant le meurtre de Conflans.

Pourtant le 2 octobre, après des mois de gestation, le chef de l’Etat s’était rallié à la ligne dure de son camp en annonçant une batterie de mesures contre ce qu’il a appelé le « séparatisme islamiste ».

Elle feront l’objet d’un projet de loi « renforçant la laïcité » qui doit être présentée le 9 décembre, avec pour mesure phare l’obligation de l’enseignement à l’école dès 3 ans.

Le recrutement de 10.000 policiers supplémentaires ainsi que la hausse du budget de la justice participent de cet objectif de renforcer la République, fait valoir l’exécutif.

Mais la décapitation de l’enseignant provoque un choc tel que le président a dû en urgence monter en première ligne, et l’Elysée promettre d’autres décisions.

Emmanuel Macron s’est rendu sur place dans les Yvelines quelques heures après le meurtre, déclarant solennellement qu' »ils ne passeront pas ». Alors qu’il s’était abstenu de tout commentaire après l’attaque au hachoir devant les anciens locaux de Charlie Hebdo il y a trois semaines.

L’Elysée a annoncé « d’autres expressions et annonces après les réunions du week-end ». Le chef de l’Etat doit présider d’ici dimanche soir un conseil de défense, l’instance de crise qui lui permet de trancher immédiatement.

– « Epreuve de vérité » –

Cela n’a pas empêché ses opposants d’accentuer la pression. Alors qu’un hommage national au professeur Samuel Paty se prépare, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a réclamé sur Franceinfo de « passer de la commémoration à des actes de fermeté », alors qu’avec cette décapitation, « c’est ni plus ni moins que l’application de la charia sur le territoire français ».

« La loi annoncée sera l’épreuve de vérité », a renchéri Annie Genevard, vice-présidente LR de l’Assemblée nationale.

« Qu’on arrête l’hypocrisie. On va faire des marches blanches, des bougies (…) et laisser les Français se faire égorger ? Quand j’entends le président de la République dire hier +ils ne passeront pas+: c’est trop tard, ils sont déjà là! », a lancé à BFMTV Sébastien Chenu du RN, qui lie menace islamiste et immigration.

Chez LREM, la députée des Yvelines Aurore Bergé a estimé qu' »au-delà du choc, de l’effroi et de la sidération, c’est bien (d’un) réveil collectif dont on a besoin aujourd’hui » et de parfois « sortir d’une forme de naïveté à l’encontre des atteintes au principe de laïcité ».

« C’est-à-dire qu’on arrête de faire le +pas de vagues+, on soutient les enseignants », a-t-elle ajouté, en référence au mouvement des profs qui s’estiment lâchés par leur hiérarchie lors d’incidents liés à l’islam.

Cette ex-LR a aussi demandé des sanctions contre ceux qui ont « participé à ce lynchage » du professeur sur les réseaux sociaux, et contre ceux qui portent « atteinte à nos principes républicains et la laïcité », citant le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France). Lequel en retour a dit vouloir porter plainte.

Vendredi soir, a rapporté au journal Le Monde Michèle de Vaucouleurs, députée MoDem des Yvelines, Emmanuel Macron a regretté l’impuissance juridique de l’exécutif face à la haine en ligne, quelques mois après la censure de la loi Avia par le Conseil constitutionnel, au nom de la liberté d’expression.

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