Covid-19: ces entreprises françaises qui résistent à la crise (et qui nous permettent d’être optimistes)

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Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Crise sanitaire du Covid-19, guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine, dérégulation des mécanismes de l’économie européenne… Pour les grandes entreprises françaises, les défis actuels prennent de nombreuses formes, avec leur lot de conséquences politiques et sociales. Malgré tout, certaines d’entre elles semblent bien tirer leur écosystème vers le haut, en exploitant de nouvelles opportunités opérationnelles. Tour d’horizon.

Industrie du luxe, transport, informatique, agroalimentaire, chimie, automobile… De grandes entreprises françaises figurent depuis toujours au palmarès mondial de ces secteurs. Si l’année 2020 et la crise sanitaire du Covid-19 sont venues tout chambouler, certaines d’entre elles démontrent une remarquable capacité d’adaptation, grâce aux orientations choisies par leurs dirigeants. Voici quatre exemples susceptibles de redonner le sourire aux investisseurs, comme aux salariés et à ceux qui arrivent sur le marché du travail.

Transports : CMA CGM a le vent en poupe

Si le secteur aérien a été très violemment affecté par la crise sanitaire depuis le printemps, le secteur maritime a quant à lui profité de la baisse du cours du pétrole et de la demande accrue en matériel médical pour développer de nouvelles liaisons. Nº4 mondial derrière le Danois Mærsk, l’Italo-Suisse Mediterranean Shipping Company et le Chinois Cosco, l’entreprise française CMA CGM a fait mieux que contenir les effets de la crise sanitaire depuis le début de l’année. Même si son chiffre d’affaires a reculé durant le deuxième trimestre 2020, par rapport au 2e trimestre 2019 (-9% avec 7 milliards de dollars de CA), son EBITDA s’est lui renforcé par rapport à la même période de +26,3%. Si bien que CMA CGM affiche un résultat net positif pour les deux premiers trimestres 2020 : +48 millions de dollars pour janvier-mars, +136 millions pour avril-juin. Un bond remarquable au vu du contexte du commerce international paralysé par la pleine pandémie. Chez CMA CGM, les dirigeants ont le sourire : le troisième trimestre s’annonce lui aussi sous de bons augures.

« Malgré la pandémie liée au Covid-19, notre groupe a enregistré au deuxième trimestre d’excellents résultats qui confortent notre structure financière, explique Rodolphe Saadé, PDG du groupe CMA CGM. Grâce à notre agilité et la complémentarité de nos activités “shipping” et logistique, nous avons su adapter notre offre de services pour répondre à l’évolution rapide des besoins de nos clients. (…) Les résultats du troisième trimestre devraient marquer une nouvelle amélioration de notre performance. » Dans le sillage de l’armateur, c’est aussi tout un écosystème portuaire, en France comme à l’étranger, qui bénéficie des bonnes performances de l’entreprise.

Industrie sucrière : Tereos affiche ses ambitions

Dans l’industrie agroalimentaire, Tereos fait figure de modèle à suivre. L’entreprise coopérative – nº1 français et nº2 mondial du sucre alimentaire – a renoué avec les bénéfices pour l’exercice 2019-2020 (clos le 31 mars dernier), avec un résultat net de +24 millions d’euros, et une hausse de son chiffre d’affaires de +1,2%. Une activité significative qui a fait bondir l’EBITDA de Tereos de +53% (à 420 millions d’euros), avec de fortes poussées sur certains marchés comme la division Sucre Europe (+157%, 95 millions d’euros) ou la division Sucre International (+32%, 222 millions). Et pourtant, la partie n’était pas gagnée –pour toute la filière – suite à la déréglementation des quotas européens en 2017 et à la baisse régulière du cours du sucre avec -18% au cours du premier semestre 2020). Ce résultat est donc à mettre au crédit d’une stratégie pertinente, combinant diversification (avec de nouvelles activités comme les protéines végétales), ambitions mondiales (le groupe est présent dans 18 pays), et développement de l’outil industriel (comme l’introduction cette année en France d’un modèle d’usine 4.0 très prometteur en termes de productivité). Cette première phase de succès permet à Tereos aujourd’hui d’afficher de nouvelles ambitions.

« Dans un secteur alimentaire en profonde mutation, la stratégie mise en œuvre par Tereos porte ses fruits, assure Alexis Duval, président du directoire. Tereos conforte sa place de deuxième producteur mondial de sucre avec une production de 4,475 millions de tonnes. Tereos a poursuivi avec succès la mise en œuvre de sa transformation stratégique. »

Cette transformation stratégique du groupe anticipe d’ailleurs les grandes orientations des industries du XXIe siècle : sur le plan énergétique, le premier groupe sucrier français mise sur le développement tout azimut des énergies renouvelables, passant cette année « le seuil symbolique de 50% de ces énergies dans son mix énergétique ». Ce qui lui a permis, entre autres, de faire partie du Top 1% des entreprises du secteur agroalimentaire en terme de durabilité, selon EcoVadis. Cette année également, Tereos a accompagné la crise sanitaire, en mettant son appareil de production au service des besoins de la société française : « Nous avons accru notre production d’alcool pour la pharmacie de 60% », explique Alexis Duval. Une manière supplémentaire d’exprimer la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE).

Gestion des déchets : Paprec investit encore

Peu connus du grand public, les géants français de la gestion des déchets et du recyclage font parties des entreprises essentielles au bon fonctionnement de la société, comme l’ont prouvé les mois de confinement lors de la crise sanitaire du printemps dernier. Parmi elles, Paprec – avec 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2019 – joue un rôle essentiel dans l’économie circulaire du pays avec 12 millions de tonnes de déchets traités par an, dont 9 millions sont recyclés. Les résultats du premier semestre 2020 sont très positifs. Selon le PDG de l’entreprise, Jean-Luc Petithuguenin, « le résultat opérationnel est en hausse de 18%, à plus de 30 millions d’euros et l’Ebitda dépasse les 100 millions d’euros ».

Avec 210 sites sur tout le territoire français, l’entreprise emploie plus de 10000 salariés. Au cœur de sa stratégie : grandir, avec le rachat d’entreprises du même secteur et celui de sites industriels en friche qu’elle réoriente vers son cœur d’activité. En 2016 par exemple, Paprec a racheté l’entreprise innovante Coved (environ 250 millions d’euros), puis en 2018, Paprec a repris un site de l’équipementier Goodyear près d’Amiens pour y installer un nouveau centre de recyclage. Avec à la clé, 25 nouveaux emplois créés dans la région, « portant à 1000 personnes le nombre de ses salariés dans les Hauts-de-France ».

Comme Tereos, Paprec s’inscrit aussi dans les grandes transformations industrielles des années 2020, entre impact de la crise sanitaire et besoin de préservation de l’environnement. Jean-Luc Petithuguenin a par exemple co-signé la lettre ouverte intitulée Mettons l’environnement au cœur de la reprise économique, en mai dernier : « Au-delà du court terme, le traitement de la crise doit se prolonger par une mobilisation de l’intelligence collective sur le monde d’après cette pandémie, avec des transformations plus profondes à envisager dans nos façons de produire et nos modèles d’affaires, des changements de comportements de consommation et de modes de vie, un rapport à la nature à revoir. » Dans ce contexte, le secteur du recyclage reste résolument tourné vers l’avenir.

Services informatiques : Capgemini surfe sur la vague

Dans le domaine du conseil informatique et de la transformation numérique, le Français Capgemeni arrive en 9e position au niveau mondial, derrière les intouchables américains d’Alphabet, Facebook, IBM ou encore Accenture. Nº1 européen, l’entreprise française est aujourd’hui opérationnelle dans une cinquantaine de pays et poursuit sur sa lancée de 2019 où elle avait affiché un chiffre d’affaires de 15,6 milliards d’euros. Depuis, la crise sanitaire du Covid a fait ses ravages, mais a aussi créé de nouvelles opportunités. Les géants de l’informatique, avec la demande accrue des entreprises pour le télétravail, l’ont bien compris. Si bien que Capgemeni a mis le paquet : 7,58 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre 2020. Selon les résultats du premier semestre 2020, la croissance atteint +8,2% en données publiées (+7,9% à taux de change constants). Certains secteurs tirent cette croissance vers le haut, suivant la « dynamique soutenue dans les services liés au digital et au cloud, qui enregistrent une hausse de plus de 10% sur le 1er semestre, illustrant le caractère structurel de la demande pour ces services ». Sur les six premiers mois de 2020, la marge opérationnelle du groupe grimpe de +3% en valeur à 818 millions d’euros, soit 10,8% du chiffre d’affaires.

« Nous avons réalisé une solide performance au premier semestre, se félicite Aiman Ezzat, directeur général du groupe Capgemini. Le groupe a assuré la continuité de service auprès de ses clients tout en maintenant une forte dynamique commerciale. Ces résultats sont le fruit de notre forte réactivité face à la crise mais aussi du travail effectué depuis dix ans pour améliorer notre modèle opérationnel, diversifier notre portefeuille d’activités et développer le digital et le cloud. » Ce premier semestre 2020 a aussi marqué la finalisation de l’acquisition d’Altran suite à l’OPA amicale en avril dernier, plaçant le groupe Capgemini en pole position du marché très prometteur de « l’industrie intelligente ».

Ces quatre entreprises – très différentes les unes des autres – ont donc des points communs majeurs : leur sens de l’anticipation, leur réactivité et leurs bonnes performances ont permis de créer un climat de confiance dans leur écosystème direct, et surtout de soutenir le marché de l’emploi en France. Et cela reste l’objectif nº1 en cette période de crise.

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