Coronavirus: ces secteurs qui ne doivent pas être ralentis par la crise

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Coronavirus: ces secteurs qui ne doivent pas être ralentis par la crise

La crise du Covid a plongé l’économie et la demande dans une spirale négative. Certains secteurs doivent être particulièrement protégés en raison de leur intérêt pour tous. De l’éducation, à la santé, en passant par la dépollution ou encore l’agriculture, il ne faut pas faire de concession.

La crise sanitaire et le confinement généralisé engendrés par la pandémie de Covid-19 ont plongé les économies mondiales dans la récession. Et certains domaines – transport aérien et aéronautique, tourisme, hôtellerie-restauration, spectacles, sport, etc. – sont vraiment sinistrés. Outre les aides financières apportées aux entreprises les plus en difficulté, certains secteurs doivent absolument être préservés de cette spirale négative car – chacun a pu le mesurer avec une acuité particulière à l’occasion de cette crise – ils sont d’un intérêt vital pour la société.

C’est le cas en particulier de l’éducation. La période de confinement de mars à mai 2020 est un événement unique dans l’histoire de l’école, et elle a eu un impact fort sur le système éducatif. La fermeture puis la réouverture récente des écoles dans des conditions particulières a d’ailleurs suscité de nombreux débats. Si certains pouvaient en douter, le rôle social essentiel du système éducatif semble désormais évident pour tout le monde. Les difficultés liées au passage à l’enseignement à distance ont rappelé aux familles à quel point le travail des enseignants est important, difficile et précieux et à quel point les interactions entre l’enseignant et les élèves sont essentielles à une éducation de qualité. On a pu également mesurer les grandes difficultés rencontrées par les enfants vivant dans des milieux familiaux où l’apprentissage autonome ou encadré par les parents est très difficile, voire impossible.

Malgré le développement rapide de l’enseignement à distance grâce aux nouvelles technologies, « l’Éducation nationale a perdu le contact avec 4 % des élèves à la fin du confinement », soit environ 500 000 sur 12 millions, selon le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer. Au début du confinement, la perte atteignait même 8 %. Cet éloignement de l’école d’une partie des enfants peut constituer une véritable « bombe à retardement », comme le soulignait l’ex-Premier ministre Edouard Philippe. Cette période nous rappelle, si besoin en était, l’importance sociale de l’éducation et pourquoi, malgré la crise, nous devons à tout prix la préserver.

La santé en première ligne

La crise a également éprouvé notre système de santé, en première ligne face au virus. Elle a même déclenché une rupture avec les politiques publiques menées depuis vingt-cinq ans en matière de santé publique. Au cœur de la tourmente, la santé est apparue comme un bien commun qui ne pouvait être soumis uniquement à une logique comptable. Les soignants et les hôpitaux ont enfin obtenu le plan qu’ils réclamaient depuis plusieurs années. Outre la revalorisation salariale des personnels soignants, le Ségur de la santé a débouché sur des mesures structurelles, avec l’objectif de « remettre de l’humain, des moyens et du sens » dans le système de santé. Le gouvernement a notamment annoncé un « changement de logique » sur la question des lits à l’hôpital.

L’exécutif va également alléger la dette des hôpitaux de 13 milliards d’euros et investir 6 milliards d’euros pour améliorer l’équipement des établissements médico-sociaux, renforcer le numérique dans la santé et financer des projets hospitaliers prioritaires. Le gouvernement va également « accélérer la réduction de la part de tarification à l’activité » et mener une réflexion sur l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). Suite au lancement de ce plan sans précédent, le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux, a acté que l’on « semble sortir d’une logique purement comptable, aussi bien dans la gestion des lits que dans la gestion des établissements, des hommes et des femmes qui font l’hôpital ».

Parallèlement, cette crise aura aussi souligné la dépendance dangereuse qu’avaient acceptée les pays européens en matière de production de certains médicaments, équipements de protection (masques) ou appareils médicaux (respirateurs). La santé, la pharmacie, les biotechnologies doivent être considérées comme des secteurs stratégiques. Les firmes pharmaceutiques, qui délocalisent la fabrication des molécules de base dans des pays à bas coûts – en Chine ou en Inde – prennent le risque de rencontrer des problèmes d’approvisionnement en cas de crise comme celle du coronavirus. Les relocalisations en Europe devraient donc augmenter dans ce secteur.

Le désamiantage et la dépollution doivent se poursuivre

De la même manière que cette pandémie virale ne doit pas nous détourner des soins à apporter aux autres maladies, comme l’ont souligné de nombreux médecins, cette crise ne doit pas nous éloigner non plus des autres grands problèmes de santé publique, comme ceux des matériaux polluants et tout particulièrement de l’amiante. Car plus de vingt ans après son interdiction en France, l’amiante continue de tuer. Les microfibres cancérigènes libérées par ce matériau dans l’air lorsqu’il se dégrade peuvent se déposer au fond des poumons et provoquer, au bout de 30 ou 40 ans, des maladies respiratoires très graves comme des cancers du poumon et de la plèvre.

Selon Santé publique France, 1 100 nouveaux cas de cancer de la plèvre sont désormais diagnostiqués chaque année dans l’Hexagone. Chez les femmes, le nombre de malades a même doublé pour atteindre plus de 300 cas annuels. « Non seulement nous n’avons pas fini de constater les effets provoqués avant 1997, mais en plus, les matériaux en place aujourd’hui continuent de se dégrader », souligne Anabelle Gilg Soit Ilg, épidémiologiste. Chaque année, entre 1 600 et 4 500 cas de cancer du poumon sont également imputables à l’amiante.

Malgré un environnement devenu incertain, le grand chantier du désamiantage des bâtiments et de la dépollution des sols doit se poursuivre. Car le travail restant à réaliser pour retirer complètement l’amiante en place, ainsi que les autres polluants dangereux pour l’homme, reste considérable. « Comme la majorité des entreprises françaises, nos activités ont été très fortement impactées par cette crise sanitaire sans précédent, interrompant notamment les chantiers les plus sensibles », explique Hugo Rosati, directeur général de DI Environnement, une ETI familiale qui ne cache pas ses ambitions malgré le contexte général morose. « Nous restons confiants car le besoin et l’expression du besoin en dépollution sont forts et les projets décalés ne seront certainement pas annulés du fait du caractère nécessaire de notre service » assure Hugo Rosati. La confiance est d’autant plus forte que les chantiers dont s’occupe l’entreprise experte en désamiantage sont très variés.

L’année dernière, l’ancien Hôtel des Postes de Marseille ouvrait à nouveau ses portes au public après le désamiantage de ses 12 500 m2. Parmi les chantiers de 2020 de DI Environnement, on compte un ensemble immobilier situé sur la prestigieuse avenue des Champs-Elysées à Paris et une usine dans la Loire dont le toit a été entièrement désamianté tout en gardant le site en fonctionnement partiel. L’amiante est présent dans des édifices très divers et accueillant un public parfois nombreux, c’est pourquoi les besoins en désamiantage ne devraient pas souffrir d’une crise sanitaire qui place justement la préservation de la santé au cœur des préoccupations politiques et sociales.

Agriculture : l’enjeu de la souveraineté alimentaire

Autre secteur dont le service est indispensable et qui mérite d’être sanctuarisé : l’agriculture. Le maintien des circuits alimentaires et de la production agricole a en effet constitué un enjeu majeur de cette crise. Quand une très grande partie de l’économie s’arrête, il n’est pas simple d’assurer la continuité. Mais force est de constater que la filière a su répondre à ce défi. En continuant à travailler tout au long du confinement pour nourrir les Français, les agriculteurs ont retrouvé dans l’opinion publique leur rôle de pilier de la société française, aux côtés des soignants, des livreurs, des infirmières, des caissières…

L’agriculture française est pourtant confrontée à une crise d’une ampleur inédite. « La filière vitivinicole se retrouve avec un milliard de litres de vin en excédent. Les ventes des boulangeries ont plongé de 30 %, la production laitière ne trouve plus de débouchés à l’export, 450 000 tonnes de pommes de terre n’ont pas été consommées entre mars et juillet. L’horticulture affiche 1,4 milliard d’euros de pertes sèches », énumère ainsi Denis Fumery, agriculteur, et président de l’association Villes-Campagnes. « Outre l’élan de sympathie et de curiosité qu’elle a suscité en direction du monde agricole, la pandémie du Covid-19 pourrait donner à la France l’occasion de repenser son agriculture et de lui redonner des couleurs », espère l’agriculteur.

Le plan de relance du gouvernement qui prévoit « 1,2 milliard d’euros dédiés au volet transition agricole, alimentation et forêt pour préparer l’agriculture de demain » a plutôt été bien accueilli par la profession. Avec un milliard d’euros dédié à l’agriculture, le plan est une « première satisfaction » pour la FNSEA, qui estime que la crise a « mis en lumière l’enjeu de la souveraineté alimentaire ». « Si les grands objectifs comme la souveraineté alimentaire ou l’installation-transmission sont bien cités », la Confédération paysanne regrette de son côté l’absence d’« une politique de soutien et d’accompagnement massif des paysans pour faire évoluer en profondeur notre agriculture ». Comme pour d’autres domaines essentiels, la crise de la Covid-19 vient nous rappeler l’importance stratégique de notre agriculture.

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