Une région éloignée de la République démocratique du Congo (RDC) est l’un des plus anciens points chauds de peste au monde. La peste est en augmentation depuis la fin de 2020 dans une zone périphérique aux frontières de l’Ouganda et du Soudan.
La peste a été détectée pour la première fois en 1926 dans la province de l’Ituri, une région reculée du nord-est de la RDC. Les autorités sanitaires de la province affirment que «le hotspot congolais est le plus ancien du monde».
« La propagation de la peste n’a pas cessé depuis sa découverte. Elle apparaît et disparaît. Maintenant, elle est revenue après 40 ans. La population n’était pas préparée », a déclaré l’épidémiologiste environnemental Anne Laudisoit, qui fait partie d’une équipe multidisciplinaire dépêchée au site, tel que rapporté par l’Agence France-Presse (AFP).
Depuis novembre, plus de 15 330 infections de peste présumées ont été enregistrées, dont sept décès, selon les dossiers épidémiologiques examinés. Il est transmis à l’homme par des puces infectées sur des rongeurs, en particulier des rats noirs. À la recherche de nourriture, des rats porteurs de puces entrent dans les maisons.
«La population n’a pas conscience du danger que représentent les puces et les rats pour la transmission et la persistance de la peste», a expliqué Michel Mandro, médecin congolais travaillant au service régional de santé.
Il a noté que «le laboratoire régional spécialisé dans l’analyse des souches de l’épidémie, qui existe depuis longtemps dans la province, ne fonctionne plus depuis plus de 30 ans». Mandro a souligné que « cela oblige les acteurs de ce domaine à envoyer des échantillons à l’Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa, qui se trouve à plus de deux mille kilomètres ».
Les spécimens suspects doivent encore être confirmés, ce qui, selon les experts, est exemplaire de la négligence au fil des ans pour rechercher la maladie en RDC. Le pays, qui compte 84 millions d’habitants, a été relativement épargné du coronavirus, avec 26405 infections et 711 décès enregistrés depuis le 10 mars 2020.
Une nouvelle épidémie d’Ebola a été signalée en février dans la province du Nord-Kivu, qui borde l’Ituri. Une femme est décédée le 4 février des suites du virus Ebola à l’hôpital pendant son traitement, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS a également noté que 117 contacts avaient été pris et que les activités de riposte se poursuivaient.
Ebola a tué plus de 2000 personnes au cours de l’épidémie qui a duré d’août 2018 à juin 2020.
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