Les responsables locaux du nord du Mali ont accusé l’armée française vendredi d’avoir tué six civils lors d’une frappe aérienne, mais les forces françaises ont déclaré avoir frappé des militants extrémistes.
L’incident, qui s’est produit jeudi dans la région reculée de Gao, est la deuxième fois cette année que l’opération française Barkhane est accusée d’avoir tué des civils.
L’opération comprend plus de 5 000 soldats combattant des militants au Mali et dans les pays voisins. Barkhane a déclaré que la grève avait « neutralisé » un groupe de militants à 60 kilomètres (37 miles) au nord de Deliman.
« Cette frappe a été ordonnée après une phase de surveillance et d’identification permettant de caractériser la présence d’un groupe terroriste armé », a-t-il indiqué dans un communiqué.
Mais Mohamed Assaleh Ahmad, maire du village voisin de Talataye, a déclaré que les victimes étaient six hommes civils de Talataye âgés de 15 à 20 ans. Il a dit qu’ils chassaient des oiseaux et avaient un seul fusil entre eux.
« Je connais tous ces jeunes. Certains sont de ma famille », a-t-il déclaré à Reuters par téléphone. « Nous avons vu ces frappes aériennes dans le passé ici. Nous n’avons jamais rien dit, mais cette fois, c’est à 100% une erreur. »
Souleymane Ag Almahmoud, un ancien député de la région, a également déclaré que la frappe avait tué six civils.
Barkhane a refusé de commenter au-delà de la déclaration de jeudi.
Les Nations Unies enquêtent actuellement sur une frappe aérienne du 3 janvier près du village de Bounti qui, selon les habitants, a frappé une fête de mariage en présence de civils. L’armée française nie ce récit, affirmant que la frappe a tué une trentaine de combattants islamistes.
Les troupes de Barkhane sont déployées dans la région semi-aride du Sahel en Afrique de l’Ouest, où des militants liés à Al-Qaida et à Daech mènent une insurrection croissante contre les armées nationales.
La France est à la recherche d’une stratégie de sortie huit ans après avoir envoyé des soldats pour la première fois intervenir au Mali contre des militants, mais le président Emmanuel Macron a exclu le mois dernier une réduction immédiate des troupes dans la région.
