Iran – Soulèvement au Baloutchistan et crimes du CGRI

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Amnesty International a publié une déclaration à la suite du massacre de Saravan, une ville de la province iranienne du Baloutchistan. Il a déclaré que le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) avait illégalement utilisé la force meurtrière contre un groupe de transporteurs de pertôle non armés, le 22 février, près de la ville de Saravan dans la province du Sistan-Baloutchistan.

Les témoins et les familles des victimes, ainsi que des séquences vidéo vérifiées par Amnesty International, montrent que les officiers des Gardiens de la Révolution, postés au point de contrôle militaire de Shamsar, ont ouvert le feu avec des armes à feu sur des personnes non armées. Ces actions ont tué et blessé plusieurs personnes. Ces porteurs appartenaient à la minorité baloutche opprimée.

« Les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu sur un groupe d’individus non armés dans un mépris brutal pour les vies humaines », a déclaré Diana Al-Tahawi, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

L’ incident de Saravan

L’incident Saravan a commencé le lundi 22 février, le jour où il a été rapporté qu’un certain nombre de porteurs baloutches qui tentaient de traverser la frontière avec le Pakistan ont été abattus par les forces du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique. Cependant, un jour plus tard, en réponse à la réaction généralisée de l’opinion publique à ce qui s’est passé à Saravan, le vice-gouverneur du Sistan-Baloutchistan a imputé la responsabilité de la première fusillade aux gardes-frontières pakistanais.

Après que les Gardiens de la Révolution aient tenté de bloquer le mouvement des porteurs baloutches en créant des obstacles et en creusant de grandes fossées, des affrontements ont éclaté. A la frontière d’Askan, les Gardiens de la Révolution ont ouvert le feu sur les porteurs et les personnes venues à leur secours. Pus de 40 personnes ont été tuées et plus de 100 ont été blessées dans les affrontements au cours des deux premiers jours.

En coupant Internet ou en le perturbant sérieusement dans différentes villes de la province, y compris Zahedan et Saravan, le régime des mollahs a essayé d’empêcher la fuite des informations des manifestations généralisées et de mettre au jour les actions criminelles du régime dans cette région. Shamsabadi, le procureur du régime, a déclaré que la fusillade avait été provoquée par « des ennemis qui se cachaient sous le couvert des porteurs. Les ennemis de l’islame entendent par tous les moyens enflammer la situation calme de la province. » (quotidien Mashreq, le 25 février 2021).

Colère et Soulèvement

Le 24 février, des jeunes rebelles baloutches ont capturé des bases des Gardiens de la Révolution à Korin et à Qaleh Bid. Le gouverneur de Zahedan Nakhaei a déclaré : « Des éléments maléfiques ont attaqué ce point de contrôle avec des armes légères et des lance-grenades sous prétexte de soutenir les morts du point de contrôle de Shamsar Saravan afin de s’emparer des points de contrôle de Korin et de Qaleh Bid » (ISNA, le 25 février 2021).

Suite au soulèvement au Sistan-Baloutchistan, des jeunes insurgés ont mis le feu au quartier général des Gardiens de la Révolution à Soran. Ils ont bloqué l’avance des Gardiens de la Révolution en brûlant des pneus et les combats avec les Gardiens de la Révolution se sont poursuivis dans différentes parties de la ville pendant des heures.

Pendant ce temps, Marashi, vice-gouverneur de la sécurité, a affirmé que « le Sistan-Baloutchistan est dans un état stable en termes de sécurité et les villes des provinces sont dans une paix totale. » Il a décrit les manifestations généralisées comme des rumeurs et a déclaré que « après ce qui s’est passé à Saravan, certaines personnes ont monté une vague, et certaines personnes ont attaqué le point de contrôle à Korin et à Qaleh Bid. Il est clair qu’il ne s’agissait pas de groupes populaires, mais des éléments appartenant aux Moudjahidine du Peuple (OMPI, ennemis jurés du régime iranien). Dans ce qui s’est passé, les groupes contre-révolutionnaires ont soutenu cette affaire afin de déstabiliser la situation dans la province. » (ILNA, 25 février 2021)

Les racines du soulèvement

Ces dernières années, parallèlement à l’augmentation des taux de change, la contrebande de carburant a augmenté de jour en jour. Les frontières orientales du pays, en particulier dans la province du Sistan-Baloutchistan et les frontières maritimes du pays, sont d’importants centres de la contrebande de carburant vers l’étranger, notamment vers le Pakistan, l’Afghanistan, le sud du Golfe Persique et même au-delà, vers la mer Rouge et les pays africains. La différence notable des prix du carburant à l’intérieur et à l’extérieur du pays est l’une des principales raisons de la contrebande de carburant. La différence de prix entre le pays et l’étranger est parfois de sept à 20 fois supérieure. Cette différence de prix élevée pousse certains groupes à se tourner vers la contrebande de carburant. Bien sûr, il faut faire une distinction entre la contrebande de carburant et les porteurs de pétrôle; Le premier est un signe de corruption au niveau national, or, le transport de carburant individuel est un signe de pauvreté et du dur labeur de la population pour un gagne pain.

Avec plus de 1500 km de frontière terrestre et maritime, la province du Sistan-Baloutchistan est l’une des principales provinces ciblées par les trafiquants de carburant. Certaines estimations non officielles font état de la contrebande quotidienne de 10 à 15 millions de litres de carburant dans la province. Toutefois, certaines autorités ont porté ce chiffre à 20 millions de litres. Le volume très élevé et significatif de la contrebande de carburant dans la province du Sistan-Baloutchistan indique que du carburant est passé en contrebande de toutes les régions du pays vers cette province. En d’autres termes, la capacité de la province n’est pas suffisante pour fournir ce volume de carburant de contrebande. Ce volume important est acheminé en contrebande vers cette province par le biais de transferts d’autres provinces du pays. La province du Sistan-Baloutchistan est un entonnoir inversé dont la bouche ouverte est constituée par d’autres provinces voisines où le carburant est chargé et amené aux frontières du Sistan-Baloutchistan. Ces caractéristiques laissent penser qu’une mafia tire d’énormes profits de la contrebande. Le village de Cafe Baluchi, dans la ville de Sarbaz, est l’un des principaux centres de stockage et de chargement du carburant de contrebande. Cafe Baluchi est connu dans cette région comme l’OPEP de l’Iran.

Le plan Razzaq, le monopole des Gardiens de la Révolution

Selon un responsable local de Saravan, le CGRI cherche un contrôle total des transferts de carburant vers le Pakistan via Razzaq. Cela a rendu la vie des pauvres de la région encore plus difficile. Si l’on considère les besoins quotidiens du Pakistan en diesel importé d’Iran, 5 millions de litres, les dimensions économiques de la question et son importance pour le CGRI deviennent plus claires. Cependant, cette entité militaro-économique est ouvertement impliquée dans la contrebande de carburant et ne tolère aucune concurrence, aussi mineure soit-elle. Dans une interview accordée à Radio Farda, Habibullah Sarbazi, un activiste baloutche, a déclaré que les Gardiens de la Révolution contrôlaient actuellement 70 pour cent des ventes de carburant, mais qu’ils voulaient contrôler les 30 pour cent restants. (Radio Farda, le 1er mars).

En monopolisant la contrebande du carburant, le CGRI veut payer une partie de ses dépenses pour financer ses milices inféodés dans la région.

 

Le bois de chauffage du Baloutchistan prêt à s’enflammer

Les observateurs affirment que la région a quelque 150 ans de retard dans son développement économique. La situation des enfants de cette partie orientale de l’Iran montre la souffrance et l’oppression de cette minorité ethnique. On peut voir de nombreux enfants pied nus, pâles, avec des vêtements usés, à côté d’une ruine ou d’un lieu d’accumulation de déchets pour trouver du pain sec.

Le récent incident à la frontière de Shamsar Saravan a montré le profond fossé existant entre les classes. Ce qui a rapidement augmenté l’étendue de l’agitation sociale dans le Baloutchistan a été le manque des services de première nécessité telles que l’eau, les routes, l’éducation et l’emploi, la santé, etc. Sans l’ombre d’un doute, cette disparité et cette discrimination risquent de provoquer d’autre explosion de la colère populaire dans d’autres parties de l’Iran.

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