Au Vanuatu, les adorateurs du prince Philip devisent sur son successeur

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn
Share on whatsapp
WhatsApp

A l’heure où les anciens de deux villages reculés du Vanuatu ont commencé un long rite funèbre en la mémoire du défunt prince Philip, qu’ils vénéraient, les habitants devisent pour savoir si son fils Charles héritera de son statut.

Les chefs des villages de Yaohnanen et Yakel, sur l’île volcanique de Tanna au Vanuatu, se sont réunis cette semaine en souvenir du défunt duc d’Édimbourg, décédé vendredi à l’âge de 99 ans.

Au cours des 100 prochains jours, les anciens se rassembleront dans une clairière, à l’ombre d’un immense et vieux figuier des banians pour échanger en buvant du kava, une boisson ancestrale aux effets anxiolytiques consommée lors de cérémonies rituelles.

Les chefs qui, pour la plupart ne portent qu’un simple étui pénien, débattent avec gravité de l’avenir de ce lien spirituel après la disparition de celui qu’ils vénéraient.

« La relation que nous avions avec la famille royale va perdurer », assure le chef Jack Malia.

Pour atteindre Yaohnanen et Yakel, il faut rouler plusieurs heures sur une route accidentée qui traverse une jungle volcanique luxuriante.

Cependant, les poids-lourds peuvent emprunter une autoroute récemment construite à quelques kilomètres de là.

Mais les villageois s’intéressent peu à ces progrès, préférant conserver un mode de vie et la culture « kastom » qui a peu évolué depuis 3.000 ans.

Selon cette riche tradition, qui s’est transmise à travers des contes et légendes, Philip serait originaire de Tanna.

Aux yeux des Occidentaux, le duc, connu pour ses gaffes, apparaît comme une divinité improbable mais son rôle est pourtant profondément dans leur système de croyance de cette île.

La plupart de ses adorateurs souhaitent que Charles prenne la place de son père et rêvent que le fils de la reine Elizabeth II accomplisse ce que son père n’a jamais réalisé: rendre visite aux habitants de l’île.

Pour le chef Malia, Philip fait spirituellement partie de la vie des villageois, même si « nous ne l’avons jamais vu ».

« Nous n’avons jamais eu la chance de nous rencontrer physiquement », regrette-t-il tout en espérant qu’un jour il « vienne ici pour que nous puissions nous asseoir ensemble et parler ».

Si (le prince Charles) accepte de venir un jour, alors il doit venir ici pour que nous puissions nous asseoir ensemble et parler ».

– « Philip est un homme noir » –

Ce mouvement, appelé du Prince Philip, serait né dans les années 1970 en réponse à l’avancée de plus en plus grande du monde moderne.

Selon eux, l’époux de la reine est l’incarnation d’un esprit puissant qui a apporté la fertilité et la richesse au peuple de Tanna.

Selon les autorités britanniques, ce culte s’est développé après la visite en 1974 du prince Philip au Vanuatu, qui était alors, avant son indépendance en 1980, le condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides.

Mais pour le chef Willie Lop, chef du conseil des chefs de l’île de Tanna, l’origine de cette histoire ne fait aucun doute.

« Le Prince Philip est originaire de Tanna », a-t-il déclaré.

« Il est descendu à cheval jusqu’au sud de l’île, et a sauté dans la mer ».

Quand on lui demande comment un homme blanc peut venir de Tanna, il répond simplement: « Le Prince Philip est un homme noir. S’il est devenu blanc, c’est arrivé dans un autre pays. Mais c’est un homme noir ».

Certains anciens des villages estiment que Charles héritera du statut divin de son père.

A leurs yeux, cette controverse a déjà été tranchée lors d’une visite en 2018 à Port Vila du prince de Galles, au cours de laquelle il a été élevé au rang de grand chef honoraire sous le nom de Mal Menaringmanu.

Les autres ne sont pas aussi affirmatifs.

« L’esprit du prince Philip a quitté son corps, mais il continue de vivre », selon un autre chef, Albi. « Il est trop tôt pour dire où il habitera. »

Les chefs ont cent jours pour trouver un accord et s’ils y parviennent, ils organiseront probablement une grande cérémonie pour définir l’avenir du mouvement.

En attendant, à l’autre bout du monde – et à 3.000 ans de distance de Buckingham Palace – l’Union Jack est en berne au-dessus du village de Yaohnanen.

Dans la même catégorie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles

Cinéma

Technologie

Les plus lus

No Content Available