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Mathilde Lamolle, « oui, le tir c’est du sport ! »

Multiple championne de France et désormais championne d’Europe, Mathilde Lamolle est à 24 ans l’un des plus grands talents du tir sportif français et a déjà l’expérience des Jeux olympiques après avoir déjà pris part à ceux de Rio en 2016.

Jusqu’aux JO de Paris en 2024 et en passant par ceux de Tokyo où elle participe dimanche à l’épreuve de pistolet à air comprimé (10 m), la jeune tireuse aubagnaise raconte son parcours à l’AFP. Dans ce quatrième épisode, elle explique pourquoi sa discipline est bel et bien un sport.

« Est-ce que le tir c’est vraiment du sport ? Je comprends qu’on puisse se poser la question et que ça apparaisse très statique pour du sport. Mais en fait, c’est très complet, avec la gestion des pensées, le dépassement de soi, qui sont aussi pour moi des éléments qui définissent le sport de haut niveau.

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Même si on ne bouge pas, on a le coeur qui s’emballe dans les moments importants et beaucoup de muscles sont engagés, même si évidemment c’est moins qu’en sprint. En tous cas, à la fin des matches et des entraînements, j’ai des courbatures d’être restée debout, tendue. L’épaule et le bras, surtout, sont très sollicités.

La compétition, c’est encore autre chose. Il y a plus de tension, de crispation, qui font que quand c’est fini on est vraiment contents de s’asseoir et de se relâcher. Physiquement, plus la compétition est importante, plus il y a de tension musculaire et ça m’arrive de finir avec des douleurs aux jambes, partout, parce que j’étais hyper crispée. D’où l’importance d’avoir une vraie préparation physique. »

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« Je m’entraîne du lundi au vendredi, trois à quatre heures à chaque fois en spécifique tir. Et pour la préparation physique, c’est une heure et demie six fois par semaine. C’est du travail de renforcement musculaire, surtout l’épaule et le bras, mais aussi les abdominaux et les jambes qui stabilisent le haut du corps. Finalement, il n’y a que le bras opposé qui ne nous sert vraiment à rien (rires).

On fait aussi du cardio pour s’entraîner à baisser notre rythme cardiaque. Il y a aussi les yeux, quelque chose de spécifique à notre sport. Avant de tirer, on fait attention à où on est et à la lumière pour préserver les yeux »

« Je sais que certains ne sont pas convaincus, mais quand les gens me disent que ça n’est pas du sport, je leur dis de prendre un haltère d’un kilo (le poids de son pistolet, ndlr), de rester en position de visée 20 secondes et de répéter ça 60 fois. Au bout de cinq, ils sont fatigués. Après, je suis d’accord pour dire que ça n’est pas forcément un sport très physique. On n’est pas essoufflés à la fin d’un match. Mais mentalement et physiquement, on se sent aussi fatigués qu’après un basket d’une demi-heure. En finale, le coeur bat à 150 alors qu’on est statique. On ne bouge pas mais le coeur s’emballe comme si on faisait un sprint. Quand on met l’intensité nécessaire au haut niveau, oui, c’est un sport. »

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Propos recueillis par Stanislas TOUCHOT

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