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vers un débat houleux à l’Assemblée nationale

C’est « un piège, en particulier quelques mois avant l’élection présidentielle », redoute une « marcheuse »: un nouveau débat agité attend l’Assemblée nationale jeudi autour du mode de calcul de l’allocation adultes handicapés (AAH) pour les personnes en couple.

L’opposition réclame à l’unisson une « déconjugalisation » de cette allocation, c’est-à-dire de la calculer sans tenir compte des revenus du conjoint, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui. En face, la majorité, qui y est opposée, hurle à la « démagogie » électoraliste, à six mois de la présidentielle.

C’est le député LR Aurélien Pradié qui a remis à l’ordre du jour un thème qui avait déjà suscité une séance houleuse dans l’hémicycle en juin. « Il y a peu de chance » que la proposition de loi « aboutisse » mais « j’assume de remettre la pression sur le gouvernement », glisse le parlementaire, qui compte bien semer le trouble dans les rangs LREM.

Le député du Lot profite d’une niche parlementaire LR, ces journées réservées aux textes d’un groupe minoritaire à l’Assemblée. Le Sénat dominé par la droite a aussi mis à son ordre du jour le sujet le 12 octobre.

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Poussée dans ses derniers retranchements en juin, la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel avait privilégié une formule qu’elle juge « plus redistributive »: un abattement forfaitaire de 5.000 euros sur les revenus du conjoint, soit un gain moyen estimé à 110 euros mensuels pour 120.000 couples à partir du 1er janvier.

Créée en 1975, l’AAH est destinée à compenser l’incapacité de travailler. D’un montant maximal de 904 euros mensuels, elle est versée sur critères médicaux et sociaux. Elle compte aujourd’hui plus d’1,2 million de bénéficiaires, dont 270.000 en couple, pour une dépense annuelle d’environ 11 milliards d’euros.

Le fait que certains soient amenés à choisir entre vivre en couple au risque de voir leur allocation diminuer, ou la conserver mais en renonçant sur le plan légal à leur union, est au centre des polémiques. L’opposition, soutenue par quelques voix dans la majorité, s’indigne de ce « prix de l’amour » pour les handicapés.

« Le handicap, vous le portez seul. Je suis favorable à ce que vous receviez individuellement l’allocation, que vous soyez riche ou pauvre », insiste la cheffe du groupe socialiste Valérie Rabault.

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Vingt-deux organisations et associations, dont APF France handicap, ont adressé mardi une lettre à Emmanuel Macron, l’appelant à « une réforme historique ». « Il est temps », selon elles, de « considérer cette allocation avant tout comme un revenu individuel d’existence ».

– « Publicité politique » –

La déconjugalisation de l’AAH représenterait environ 600 millions d’euros selon une parlementaire de la majorité.

Le groupe LREM y est défavorable. Il souligne que « déconjugaliser » l’AAH bénéficiera sans distinction aux modestes et aux fortunés, et reviendrait à remettre en cause « l’ensemble du système de protection sociale français fondé sur la solidarité sociale et familiale », avec un effet boule de neige pour toutes les aides sociales.

« C’est un débat beaucoup plus large. Ca ne se fait pas comme ça. Ouvrir la déconjugalisation pour tous les minima sociaux, si on va jusqu’au bout, c’est 20 milliards d’euros », insiste la députée macroniste Christine Cloarec, qui accuse Aurélien Pradié de « se faire de la publicité politique » en « nous faisant passer pour les méchants ».

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Les « marcheurs » ont appris à se méfier des « niches » parlementaires, après plusieurs épisodes délicats, notamment en janvier 2020 lorsqu’ils avaient provoqué une vague d’indignation en repoussant l’idée UDI-Agir d’un allongement du congé pour le deuil d’un enfant.

Outre l’AAH, le groupe LR défend jeudi six autres textes dont des propositions de loi de Julien Aubert pour « dire stop à la prolifération anarchique des éoliennes » ou d’Anne-Laure Blin réclamant « un ticket restaurant étudiant », afin de pallier les zones blanches sans restaurants universitaires.

La droite porte aussi des résolutions pour faire de la « lutte contre la disparition des abeilles » une « grande cause nationale en 2022 », ou réclamer « une filière française de production et de recyclage des masques de protection sanitaire ».

Le chef du groupe LR Damien Abad entend mettre en avant le visage « social » ou « environnemental » de sa famille politique, qui est « capable de parler d’autres sujets que des questions de sécurité et d’immigration, même si elles sont fondamentales ».

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