Biden donne encore un coup de collier pour faire passer ses réformes

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Joe Biden se déplace lundi dans le New Jersey pour vanter encore et encore son programme de réformes économiques et sociales, sur lequel les parlementaires démocrates semblent enfin accorder leurs violons, après bien des compromis.

Le président américain paraît décidé à donner un dernier coup de collier, avant de s’envoler jeudi pour Rome, où il participera en fin de semaine au sommet du G20, puis Glasgow, pour le grand sommet COP26 sur le climat.

Il se rend lundi dans l’Etat du New Jersey (nord-est) pour détailler ses projets de meilleure prise en charge des jeunes enfants – un domaine dans lequel les Etats-Unis sont à la traîne des autres pays développés – et ses ambitions de développement des transports publics.

Dépenses sociales d’un côté, développement des infrastructures physiques de l’autre: ce sont les deux piliers du grand programme d’investissements du président démocrate.

Il est pour l’heure encore bloqué au parlement, faute d’accord au sein du camp démocrate entre les plus progressistes, qui veulent frapper un grand coup face à la montée des inégalités, et les centristes, qui appellent à la retenue budgétaire et fiscale.

Resté un temps à l’écart des discussions parlementaires, Joe Biden s’est lancé dans la mêlée ces derniers jours, à la fois pour convaincre les élus et pour mieux expliquer ses projets au grand public.

Le président américain aimerait arriver en Europe auréolé d’une victoire politique majeure, lui qui veut faire de l’Amérique un modèle de prospérité pour toutes les démocraties du monde.

Il a reçu dimanche pour le petit-déjeuner, dans son fief de Wilmington (Etat du Delaware, nord-est), le chef démocrate du Sénat Chuck Schumer, et le sénateur Joe Manchin, l’un des élus démocrates réfractaires.

« Nous y sommes presque », a déclaré dimanche sur la chaîne CNN Nancy Pelosi, la cheffe démocrate de la Chambre des représentants. Au point de voter dans la semaine? « C’est ce qui est prévu ».

A en croire les informations de presse les plus fraîches, un compromis semble se dessiner sur un programme moins ambitieux, mais financé, au moins en partie, par une mesure fiscale plutôt inédite, et très populaire auprès des économistes progressistes: la taxation des plus-values dites « latentes ».

La Maison Blanche renoncerait en contrepartie à son projet d’augmentation de l’impôt sur les plus hauts revenus américains.

– Un projet de taxe inédit –

En clair, il s’agirait de taxer les gains dormant dans les épais portefeuilles d’actions des grandes fortunes américaines, après une période particulièrement faste sur les marchés.

Si ce projet de taxation est très innovant, il ne peut faire oublier que Joe Biden, pour faire passer son programme « Build Back Better » (« Reconstruire en mieux »), a dû accepter bien des compromis.

Le volet consacré aux infrastructures, lourd de plus de 1.000 milliards de dollars, n’a pas posé de problème majeur, et devrait même récolter des voix de l’opposition républicaine, un fait devenu rarissime tant la présidence Trump a creusé les clivages partisans.

Mais le démocrate de 78 ans a dû tempérer ses ambitions en termes de dépenses environnementales et sociales, dans un pays où la santé et l’éducation sont considérées, très largement, comme des affaires privées.

Le président américain voulait au départ faire voter un programme de 3.500 milliards de dollars sur 10 ans pour améliorer la prise en charge de la santé, de l’éducation et de la petite enfance, mais aussi doper la transition énergétique.

Au cours des discussions au sein de son parti, ce montant a été ramené à environ 2.000 milliards, une somme qui reste colossale.

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