« On ne baissera pas le ton » à l’Assemblée nationale et ailleurs, a prévenu Jean-Luc Mélenchon en meeting à Montpellier jeudi, demandant à ses alliés de gauche de ne « pas aboyer avec les autres » contre l’opposition musclée de La France insoumise sur la réforme des retraites.
Au Corum, devant 1.400 personnes selon les organisateurs, celui qui n’est plus député mais reste chef de file de son mouvement a défendu la stratégie du groupe LFI, qui a déposé des milliers d’amendements et provoqué des incidents en séance.
LFI refuse jusqu’ici de retirer ces amendements, ce qui aurait pour effet de permettre l’examen avant vendredi minuit du principal article de la réforme, celui qui repousse de 62 à 64 ans l’âge de départ en retraite.
« Nous avons été élus pour être l’opposition, pas pour être leur larbin », a-t-il lancé.
« Soyez les maîtres du temps, choisissez le rythme avec lequel vous menez la bataille », a insisté le tribun. Sur l’article 7, « vous espérez nous battre sur cet article pour mettre dans vos journaux +L’Assemblée nationale a adopté la retraite à 64 ans+ et là les ballots se diront +ah on a perdu une fois plus+ », a-t-il ajouté.
Un peu plus tôt dans la journée, sur Twitter, il avait demandé à ses troupes de maintenir les amendements et de ne pas se « précipiter », malgré la pression des autres partis de gauche et des syndicats qui souhaitent l’examen de cet article de la réforme.
Jean-Luc Mélenchon est aussi revenu sur les incidents qui ont impliqué deux députés de son mouvement.
« Il y a eu, paraît-il, des mots de trop », a encore ironisé Jean-Luc Mélenchon, en référence notamment au terme « assassin » lancé cette semaine à l’Assemblée par le député Aurélien Saintoul à l’adresse du ministre du Travail Olivier Dussopt. « Moi je ne m’excuse jamais », a-t-il averti.
« Les petites natures ont peur, +fallait pas le dire+ », a-t-il pesté. Or « vous savez comme moi que Thomas Portes n’a voulu inciter à la mort de qui que ce soit » en postant sur les réseaux sociaux une photo de lui avec un pied posé sur un ballon à l’effigie d’Olivier Dussopt.
M. Mélenchon a averti, sous les applaudissements: « On baissera pas le ton, nulle part, tant que j’y serai (…); on gagnera ».
S’adressant à ses partenaires socialistes, communistes et écologistes au sein de la Nupes, il a ajouté: « Nous sommes des insoumis à l’intérieur d’une alliance qui s’appelle Nupes, mais avant tout des insoumis, et on s’occupe de notre insoumission ».
« Je demande à mes camarades de la Nupes, pas besoin d’aller aboyer avec les autres, même si vous n’êtes pas d’accord », a-t-il ajouté.
Jean-Luc Mélenchon a achevé son meeting en appelant, comme l’intersyndicale, au blocage de la France le 7 mars.
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