On sait qu’on est entre les mains d’un cinéaste né quand on se sent entraîné, comme par des forces invisibles, d’un plan à l’autre, dans la conception diabolique d’un film. C’est la sensation provoquée par le message de Jordan Peele. Nous, qui commence par une séquence si savamment tournée, coupée et orchestrée qu’on ne peut que se soumettre à la logique interne et infernale de sa construction. Sur la promenade de Santa Cruz vers 1986, éclairée par une lueur de carnaval, une petite fille (Madison Curry) s’éloigne du côté de ses parents. Elle est attirée, par signes et par coïncidence, par ce symbole éternel d’identité fracturée, la galerie des glaces. Ce qu’elle trouve à l’intérieur est un autre type de monstre de cinéma : un reflet fait chair, un portrait craché fantôme de soi. Mais c’est le public qui est vraiment introduit dans le funhouse. Et à la fin de ce prologue sinistrement captivant, entouré d’un côté d’un téléviseur à oreilles de lapin et de l’autre de véritables oreilles de lapin, vous êtes prêt à aller là où le film prévoit de vous emmener. (AA Dowd)
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