Les députés français ont réélu jeudi un membre du bloc centriste du président Emmanuel Macron à la présidence de la Chambre des représentants, une première avancée dans les tentatives de formation d'une majorité dans un contexte de blocage après des élections anticipées.
La politique française est dans l'impasse après une élection non concluante ce mois-ci, laissant le pays sans voie claire pour former un nouveau gouvernement alors que Paris se prépare à accueillir les Jeux olympiques.
Les législateurs ont élu le président de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement, qui s'est réunie pour la première fois depuis les élections anticipées.
Avec 220 voix au troisième tour, Yaël Braun-Pivet, 53 ans, a devancé à la surprise générale le candidat de gauche André Chassaigne, qui a recueilli 207 voix, et Sébastien Chenu, représentant l'extrême droite et qui a obtenu 141 voix.
Macron a rapidement félicité Braun-Pivet.
« Tous ceux qui vous connaissent savent que vous veillerez au respect de la pluralité des opinions », a-t-il déclaré sur la plateforme de médias sociaux X.
Chassaigne, député communiste de longue date, a dénoncé le résultat, affirmant que « le vote a été volé » par « une alliance contre nature » entre le camp présidentiel et la droite.
Les sièges de l'assemblée, qui compte 577 députés, sont désormais répartis entre trois blocs de taille similaire.
Le Nouveau Front populaire (NFP), une alliance de gauche qui a remporté le second tour du scrutin du 7 juillet sans toutefois obtenir la majorité absolue, dispose de plus de 190 sièges à l'Assemblée nationale. Le camp de Macron compte 164 députés et le Rassemblement national (RN) d'extrême droite, 143.
L'élection de jeudi pour le poste de président de la Chambre des représentants était une façon de tester d'éventuelles alliances de circonstance – même si le vote secret rend impossible de dire exactement qui a voté pour quel candidat à chacun des trois tours.
Le président de l’Assemblée nationale organise et modère principalement les débats, mais dispose de certains pouvoirs constitutionnels clés.
Et après?
L'alliance conflictuelle des socialistes, des communistes, des Verts et de la France insoumise (LFI) d'extrême gauche veut diriger le gouvernement, mais n'a pas encore trouvé de consensus sur un éventuel candidat au poste de Premier ministre.
Quiconque occupe le deuxième poste exécutif après celui de président de la République française doit être capable de survivre à un vote de défiance au Parlement.
Certains à gauche ont exclu de travailler avec le camp de Macron en raison de son bilan en matière de réformes des retraites et de l'immigration, et de son recours répété à une disposition constitutionnelle pour faire passer des lois sans majorité.
Alors que les dirigeants des partis insistent sur le fait qu’ils devraient avoir la priorité sur la formation d’un gouvernement après avoir été en tête des sondages, il n’est pas clair quelle majorité soutiendrait une administration du NFP.
Cela s'est illustré lorsque leur candidat à la présidence de l'Assemblée, Chassaigne, n'a pas été élu.
Les alliés potentiels les plus probables de Macron à droite, le parti conservateur Républicain, ont exclu une alliance formelle avec le président mais se disent ouverts à un accord sur un programme législatif.
Même avec leur soutien, ses centristes devraient aller chercher davantage de voix dans la gauche modérée pour constituer des majorités s'ils continuent à éviter le RN anti-immigration et anti-UE.
Luttes intestines
Dans les jours à venir, les partis parlementaires se disputeront de nouveaux postes à l'Assemblée, comme celui de vice-président.
L'alliance NFP a appelé à exclure le RN de tous les postes importants, ce qui a incité sa cheffe de file parlementaire Marine Le Pen à l'accuser de vouloir ignorer ses électeurs.
Elle a dénoncé un « bourbier » politique après qu'une alliance entre d'autres partis, tout sauf celle du RN, a produit la scission à trois qui enlise aujourd'hui le Parlement.
Le Pen utilisera probablement tout chaos ou blocage au Parlement pour alimenter son argumentaire auprès des électeurs afin qu'ils lui attribuent la présidence en 2027, lorsque Macron ne pourra plus se représenter après avoir effectué deux mandats.
Les dirigeants de la gauche continuent de s'affronter au sujet du poste de Premier ministre.
Les partis les plus en désaccord sont LFI et les socialistes, le parti très affaibli qui a porté au pouvoir les présidents François Mitterrand et François Hollande.
Chacun a proposé un candidat préféré, le chef de file socialiste Olivier Faure déclarant que les députés devraient simplement voter pour savoir qui devrait porter les couleurs du NFP.


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