L’enseignement supérieur américain, déjà sous pression de l’administration Trump, vient de subir une nouvelle attaque. Samedi, le site web de l’Université de New York (NYU) a été piraté pendant plusieurs heures, sa page d’accueil remplacée par des insultes raciales et des graphiques prétendant révéler les résultats académiques des étudiants… classés par origine ethnique.
Le hacker, se présentant sur X sous le pseudonyme raciste « @bestngg »*, a publié un message choc : « Le 29 juin 2023, la discrimination positive dans les admissions universitaires a été jugée illégale. Pourtant, NYU a continué. » S’ensuivaient des tableaux comparant les scores SAT, ACT et les moyennes des étudiants admis, selon leur race. Des liens vers des données supposées internes à NYU – incluant des informations personnelles – étaient aussi partagés.
Sur X, le pirate a affirmé avoir puisé dans « l’entrepôt de données de NYU », accusant l’université de contourner la loi. Il s’est également vanté d’une fuite similaire en 2023 à l’Université du Minnesota, exposant des millions de numéros de sécurité sociale.
Des données manipulées, une rhétorique toxique
L’objectif ? Accuser NYU de privilégier certains étudiants en fonction de leur couleur de peau. Une théorie reprise en cœur par les comptes les plus réactionnaires de X, promptement relayée pour alimenter leur récit anti-« woke ».
Pourtant, ces données ne prouvent rien. NYU pratique l’« option test » : les candidats choisissent eux-mêmes de soumettre leurs résultats SAT/ACT. Ceux qui le font sont donc souvent des élèves issus de milieux aisés, capables de payer des préparations coûteuses. Les tests standardisés reflètent avant tout… les inégalités sociales. Un fait que les programmes de diversité tentent de corriger, en repérant des talents méritants mais moins favorisés.
D’ailleurs, NYU publie ses propres statistiques : depuis l’interdiction de la discrimination positive par la Cour suprême en 2023, les admissions d’étudiants issus de minorités sous-représentées ont baissé pour la promo 2028.
Derrière le piratage, l’ombre de l’extrême droite
Ce coup d’éclat n’est pas isolé. Le pirate et ses soutiens se présentent en défenseurs de la « méritocratie », mais leur vrai visage est ailleurs : racisme, rejet de l’équité, et adhésion à la croisade anti-universités de l’ère Trump.
En ciblant NYU, ils attaquent symboliquement les valeurs d’inclusion – rappelant que, même piratées, les données ne mentent pas : le combat pour l’égalité des chances reste urgent.

