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Procès d’un homme ayant brûlé vif son ex-femme : une affaire qui interroge les défaillances policières

Ce lundi s’ouvre en France le procès de Mounir Boutaa, un Franco-Algérien de 48 ans accusé d’avoir brûlé vive son ex-épouse, Chahinez Daoud, en 2021. Un féminicide d’une brutalité inouïe qui avait provoqué l’effroi et mis en lumière les manquements des forces de l’ordre pour protéger la victime.

Tout commence après leur séparation : Boutaa harcèle Chahinez, mère de trois enfants âgée de 31 ans. Il achète même un fourgon pour l’épier discrètement près de son domicile, dans la région de Bordeaux. Le 4 mai 2021, il passe à l’acte. Dans la rue, il lui tire dans les deux jambes, l’asperge d’essence et y met le feu. Malgré l’intervention d’un voisin alerté par ses cris, Chahinez meurt carbonisée. Boutaa, qui a filmé une partie de la scène, est arrêté peu après.

« Je voulais la brûler pour tout ce qu’elle et la justice m’ont fait », avoue-t-il aux policiers. Sans exprimer de remords, il nie avoir voulu la tuer : « Juste la punir, lui laisser des marques. »

Un parcours marqué par la violence

L’homme, déjà condamné en 2020 pour avoir étranglé Chahinez et l’avoir menacée avec un couteau, avait été libéré sous interdiction de l’approcher. Pourtant, le couple avait repris la vie commune… jusqu’à ce qu’elle porte plainte à nouveau en mars 2021.

L’enquête révélera des dysfonctionnements policiers criants : le traitement de sa plainte par un agent lui-même condamné pour violences conjugales, l’absence de téléphone « grave danger » pour alerter les secours, et le non-port du bracelet électronique imposé à Boutaa. Cinq policiers ont depuis été sanctionnés. La famille de Chahinez poursuit aussi l’État pour « carences fautives ».

Mobilisation et chiffres glaçants

À l’ouverture du procès, des dizaines de personnes manifestent devant le tribunal. « Les autorités ne font pas leur travail, surtout la police qui ne protège pas les femmes », lance une protestataire sous anonymat.

En 2023, la France a compté 96 féminicides conjugaux, selon le ministère de l’Intérieur. Une baisse de 19 % par rapport à 2022, mais chaque chiffre reste une vie brisée. Le procès de Boutaa, qui se déroulera jusqu’au 12 juillet, rappelle cruellement l’urgence de protéger les victimes avant le drame.

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