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Le gouvernement congolais et les rebelles M23 à table au Qatar pour tenter d’apaiser les tensions meurtrières

Le gouvernement congolais et les rebelles M23 à table au Qatar pour tenter d’apaiser les tensions meurtrières

Le gouvernement congolais et les rebelles M23, soutenus par le Rwanda, ont entamé des discussions clés au Qatar pour tenter de calmer le conflit qui ravage l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces pourparlers visent à stopper l’avancée des insurgés, qui contrôlent déjà de vastes zones, ont indiqué jeudi des responsables sous anonymat.

La crise, qui dure depuis des années, s’est aggravée début 2024 : les rebelles ont pris Goma en janvier, puis Bukavu en février. Ces combats ont fait près de 3 000 morts et font craindre une guerre à l’échelle régionale.

Des demandes qui s’opposent

Les deux délégations – celle du pouvoir congolais et celle du M23 – se sont retrouvées mercredi à Doha. Du côté des rebelles, on exige que le président Félix Tshisekedi lève « toutes les condamnations à mort » visant leurs membres, selon un porte-parole du groupe. Leur équipe est menée par Bertrand Bisimwa, numéro deux de l’Alliance du Fleuve Congo, une coalition incluant le M23.

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À l’inverse, les représentants de Kinshasa, surtout issus des services de sécurité, réclament le retrait immédiat des rebelles des territoires conquis. Un membre de la délégation gouvernementale a insisté : « Sans ça, pas de négociation possible. »

Peu d’illusions, beaucoup d’enjeux

Si ces discussions sont jugées « importantes » par les observateurs, les experts restent prudents. « Pour que ça marche, il faudrait que le médiateur qatari maintienne la pression, surtout sur le Rwanda, et empêche les parties de quitter la table », explique Christian Moleka, analyste politique au sein du think tank congolais Dypol.

Il rappelle que le M23 avait déjà pris Goma en 2012 avant de reculer… sous la contrainte internationale. Aujourd’hui, le groupe, appuyé par près de 4 000 soldats rwandais selon l’ONU, menace parfois de marcher sur Kinshasa, la capitale située à 1 600 km de leur bastion.

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Une crise sans fin ?

Le M23 n’est qu’un des centaines de groupes armés qui se disputent l’est de la RDC, région riche en minerais et frontalière du Rwanda. Le conflit a créé l’une des pires crises humanitaires au monde, avec plus de 7 millions de déplacés.

Malgré les sanctions internationales proposées contre le Rwanda ou les appels à un embargo sur les minerais congolais, Corneille Nangaa, chef de l’Alliance du Fleuve Congo, reste sceptique : « Tant qu’on ne touche pas sérieusement le Rwanda ou le M23, ces mesures ne servent à rien. »

Moleka abonde : « Sans pression directe sur Kigali, un retrait des rebelles semble impossible. » Un avertissement qui plane sur des négociations où chaque camp campe sur ses positions.

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