Des raids aériens attribués aux États-Unis ont touché mardi soir la région de Hodeida, un port stratégique du Yémen, faisant au moins six morts et seize blessés selon les rebelles houthis. Les frappes auraient visé le district d’Al-Hawak, où se trouve l’aéroport de la ville – une base utilisée par les Houthis pour attaquer des navires en mer Rouge.
Depuis le début de la campagne américaine en mars contre ces rebelles soutenus par l’Iran, au moins 79 personnes auraient été tuées. Les images diffusées par la chaîne pro-Houthis Al-Masirah montrent des scènes de panique : des blessés transportés vers des ambulances, des secouristes cherchant des survivants à la lueur de leurs téléphones. Le bâtiment touché semble être une maison dans un quartier résidentiel, possiblement liée à une stratégie visant des chefs rebelles.
Télécoms et montagnes dans le viseur
D’autres frappes ont ciblé la province d’Amran, au nord de Sanaa, la capitale contrôlée par les Houthis. Selon eux, les Américains s’en prennent cette fois aux réseaux de télécommunications. Des équipements près de Jebel Aswad (« Montagne Noire ») auraient été détruits. Les raids se sont aussi étendus aux provinces de Dhamar et d’Ibb, blessant trois personnes.
L’armée américaine, qui pilote ces opérations depuis son commandement central, n’a pas commenté ces attaques. Mais la Maison Blanche a confirmé plus de 200 frappes depuis le 15 mars. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a prévenu lundi : « On ne lâchera rien. On a encore des moyens de pression. »
Une escalade sous Trump
Une analyse de l’AP révèle que la campagne actuelle, lancée sous Trump, est plus intense que sous Biden. Exit les ciblages limités aux sites de lancement de missiles : désormais, les bombes tombent aussi près des villes, visant à la fois le personnel rebelle et leurs infrastructures.
Cette escalade intervient après que les Houthis ont menacé de s’attaquer aux navires « israéliens » – une catégorie qu’ils définissent très largement – transportant de l’aide vers Gaza. Depuis novembre 2023, leurs attaques de drones et missiles ont touché plus de 100 bateaux, coulé deux d’entre eux et tué quatre marins. En parallèle, Washington instrumentaliserait ces frappes pour faire pression sur l’Iran, accusé de soutenir les Houthis tout en accélérant son programme nucléaire.
Pour les civils yéménites, pris entre les raids et la guérilla, la crise humanitaire s’aggrave. Et le conflit, lui, ne semble pas près de s’éteindre.

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