Il n’y a « pas de place pour le racisme et la haine » en France, a déclaré dimanche Emmanuel Macron après la mort tragique d’un jeune musulman, poignardé à mort dans une mosquée du sud du pays.
« Le racisme et la haine liés à la religion n’ont pas leur place en France. La liberté de culte est sacrée et doit être protégée », a écrit le président sur X, exprimant son soutien « à nos concitoyens musulmans » après le drame survenu vendredi.
L’attaque a eu lieu à La Grand-Combe, dans le Gard, où Aboubakar Cissé, un jeune Malien d’une vingtaine d’années, a été poignardé à de multiples reprises par un homme qui l’a ensuite filmé tout en proférant des insultes contre l’islam.
Un suspect toujours en fuite
Le suspect, actuellement recherché, a envoyé la vidéo de son acte à une autre personne qui l’a brièvement partagée sur les réseaux sociaux avant de la supprimer.
Selon une source proche de l’enquête, l’auteur présumé serait un Français d’origine bosnienne, non musulman, âgé d’une vingtaine d’années.
Le jour du drame, la victime et son agresseur étaient seuls dans la mosquée. Après avoir prié à ses côtés, l’assaillant s’est soudain retourné contre Aboubakar, le poignardant jusqu’à 50 fois avant de prendre la fuite.
Son corps n’a été découvert que plus tard dans la matinée, lorsque d’autres fidèles sont arrivés pour la prière du vendredi.
Une marche en hommage à la victime
Environ 1 000 personnes ont défilé dimanche dans les rues de La Grand-Combe, une commune de 5 000 habitants, pour rendre hommage à Aboubakar et dénoncer cet acte de haine.
À Paris, une manifestation « contre l’islamophobie » devait également avoir lieu en soirée.
Une émotion partagée
Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) a exprimé son « horreur » face à ce qu’il qualifie d’« attentat terroriste anti-musulman » et a appelé les musulmans de France à « rester extrêmement vigilants ».
Le Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) a lui aussi réagi :
« Le meurtre d’un fidèle dans un lieu de culte est un crime abject qui doit indigner tous les Français. »
Une enquête encore ouverte
Le procureur régional, Abdelkrim Grini, a identifié l’agresseur présumé sous le nom d’Olivier A., né en France en 2004. Il est décrit comme « potentiellement extrêmement dangereux » et son interpellation est jugée « urgente pour éviter d’autres drames ».
Grini a précisé que, même si l’hypothèse d’un acte islamophobe est étudiée « en priorité » par les 70 enquêteurs mobilisés, d’autres pistes ne sont pas écartées :
« Certains éléments laissent penser que l’islamophobie pourrait ne pas être le seul, voire le principal, mobile », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, présent lors de la conférence de presse à Alès, a insisté sur le fait que la piste d’un acte anti-musulman « n’est absolument pas négligée, bien au contraire. »
Avec l’AFP



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