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Ekaterina Barabas, la journaliste russe opposée à la guerre en Ukraine a trouvé refuge en France grâce à Reporters sans frontières

Ekaterina Barabas, la journaliste russe opposée à la guerre en Ukraine a trouvé refuge en France grâce à Reporters sans frontières

Ekaterina Barabash, journaliste russe et critique de cinéma, a fui son pays après avoir été poursuivie pour avoir dénoncé la guerre en Ukraine. Lundi, elle a raconté à Paris comment elle a réussi à échapper aux autorités russes avec l’aide de l’ONG Reporters sans frontières (RSF). Pour elle, c’était une question de survie.

Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, critiquer l’armée ou les actions de Moscou est devenu un crime en Russie. De nombreux journalistes ont été arrêtés ou contraints au silence. Ekaterina Barabash, 64 ans, n’a pas échappé à cette répression.

Une fuite risquée pour éviter la prison

Barabash a été arrêtée en février dernier, accusée d’avoir diffusé de “fausses informations” sur l’armée russe via ses publications sur les réseaux sociaux. Elle venait alors de rentrer de la Berlinale, le festival du film de Berlin. Assignée à résidence, elle a réussi à s’enfuir en avril, après avoir retiré son bracelet électronique. “Il est quelque part dans une forêt russe,” a-t-elle lancé, mi-sérieuse, mi-amère.

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Sa fuite, dit-elle, a été longue et éprouvante : plus de deux semaines pour quitter le pays. Elle a dû se cacher pendant plusieurs jours et a franchi la frontière le 26 avril, le jour de son anniversaire.

Lors d’une conférence de presse à Paris, au siège de RSF, elle a confié qu’elle avait même pensé au pire. “J’ai cherché du poison… La prison en Russie, ce n’est pas une vie. C’est pire que la mort.”

Le soutien de RSF et de figures de l’opposition

C’est Reporters sans frontières qui a coordonné son exfiltration. L’organisation avait déjà aidé, en 2022, Marina Ovsiannikova, la journaliste qui avait brandi une pancarte contre la guerre en direct à la télévision russe.

Cette fois encore, l’opération a été compliquée. “Plusieurs fois, on a cru qu’elle avait été arrêtée, ou qu’elle était en danger. Une fois, on a même cru qu’elle était morte,” a raconté Thibaut Bruttin, directeur de RSF. Il souligne que depuis le précédent avec Ovsiannikova, aider les journalistes à fuir la Russie est devenu encore plus risqué.

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Barabash a également reçu l’aide financière de Leonid Nevzline, proche de l’opposant en exil Mikhaïl Khodorkovski. “Beaucoup de personnes ont été impliquées dans cette fuite”, a-t-elle déclaré.

Une nouvelle vie à reconstruire

Installée provisoirement en France, Barabash a annoncé son intention de demander l’asile politique. Elle espère pouvoir continuer à travailler pour Radio France Internationale, dont elle a déjà collaboré avec le service russe.

Son fils unique vit en Ukraine, tandis que sa mère, âgée de 96 ans, est restée à Moscou. Malgré l’exil et l’incertitude, elle garde la tête haute. “Je dois tout recommencer à zéro, mais je suis pleine d’espoir. Je ne connais personne qui soit mort de faim en exil.”

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Une voix libre face à la répression

Depuis le début de la guerre, Barabash n’a cessé de dénoncer publiquement l’agression russe. Sur Facebook, elle écrivait que “la Russie a bombardé ce pays” et “rasé des villes entières”. Juste avant son arrestation, elle avait posté : “Je ressens de la haine, haine, haine envers ceux qui ont lancé tout ça. Tellement de vies détruites, de familles brisées.”

Pour RSF, son parcours est un message d’espoir pour tous les journalistes russes réduits au silence. “Il y a des gens prêts à vous aider, à vous tendre la main. Il ne faut pas céder au désespoir,” a souligné Thibaut Bruttin.

Barabash, elle, veut croire en des jours meilleurs : “Je suis libre. Et c’est déjà énorme.”

Avec l’AFP

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