Le célèbre acteur français Gérard Depardieu a été reconnu coupable ce mardi d’agressions sexuelles sur deux femmes sur le tournage des Volets Verts en septembre 2021. La justice lui a infligé une peine de 18 mois de prison avec sursis et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. À 76 ans, l’acteur, qui conteste cette décision et fera appel, voit son image entachée par un nouveau chapitre judiciaire.
Les témoignages des victimes au cœur du procès
Lors du procès en mars, Amélie, chef décoratrice de 54 ans, a raconté comment l’acteur l’aurait agressée à deux reprises en l’absence de son équipe habituelle (habilleuse, maquilleuse, garde du corps). « On a quitté les loges, il faisait sombre. Au bout de la rue, il a posé sa main sur ma fesse, puis l’a fait descendre lentement », a-t-elle déclaré. Elle affirme avoir subi des attouchements aux seins et aux fesses, répétant à chaque fois « Non ! » avec fermeté.
Une seconde victime, Sarah, assistante réalisatrice de 34 ans, a décrit des gestes similaires à trois reprises pendant le tournage. Ces récits ont pesé dans la décision des juges du tribunal correctionnel de Paris.
À l’issue du verdict, Carine Durrieu-Diebolt, l’avocate d’Amélie, a partagé son soulagement : « J’espère que cela marque la fin de l’impunité pour certains artistes du cinéma. On ne pourra plus dire qu’il n’est pas un agresseur sexuel. Je pense aux autres victimes, celles qui sont prescrites ou qui ont témoigné. »
Un verdict en pleine effervescence cannoise
Coïncidence symbolique, l’annonce de cette condamnation intervient en ouverture du Festival de Cannes 2025. Rappelons que Depardieu avait remporté la Palme du meilleur acteur en 1990 pour son rôle dans Cyrano de Bergerac. Sa carrière internationale, marquée par des films comme Green Card ou L’Odyssée de Pi (Life of Pi), contraste aujourd’hui avec son statut de figure centrale des scandales #MeToo en France.
Si une vingtaine de femmes ont accusé l’acteur de comportements inappropriés, cette condamnation est la première aboutissant à un procès. Une autre plainte pour viol, déposée par l’actrice Charlotte Arnould, est toujours en cours d’instruction. Depardieu nie fermement toutes ces accusations.
Cette affaire relance le débat sur les abus de pouvoir dans le cinéma et l’importance de libérer la parole des victimes, même face à des icônes intouchables. Le monde du spectacle retient son souffle : entre héritage artistique et faits judiciaires, quel visage restera-t-il de Gérard Depardieu ?

