À partir du 1er juillet, il sera interdit de fumer dans de nombreux lieux publics extérieurs en France, dès lors que des enfants peuvent y être présents. Une mesure annoncée ce jeudi par la ministre de la Santé et des Familles, Catherine Vautrin, à l’approche de la Journée mondiale sans tabac.
Des plages aux arrêts de bus : des zones sans tabac étendues
Parcs, jardins publics, abords des écoles, plages, arrêts de bus ou encore enceintes sportives… tous ces espaces vont devenir non-fumeurs. L’objectif ? Protéger les plus jeunes de la fumée de cigarette, et plus largement, réduire l’exposition du public au tabac.
« Le tabac doit disparaître là où il y a des enfants », a insisté la ministre dans un entretien accordé au quotidien Ouest-France. Et d’ajouter : « La liberté de fumer s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air sain ».
Concrètement, fumer devant les établissements scolaires sera désormais passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 135 euros. Une manière aussi de décourager les plus jeunes d’adopter ce geste.
Terrasses épargnées, vapotage toujours autorisé
Si cette interdiction marque un tournant, certaines zones emblématiques échappent toutefois à la nouvelle règle. Les terrasses de cafés, véritables institutions en France, ne sont pas concernées par cette interdiction. Même chose pour les cigarettes électroniques, dont l’usage ne sera pas restreint par cette nouvelle législation.
Pour autant, la France dispose déjà d’un cadre strict en matière de tabac : interdiction de fumer dans les lieux de travail, les transports en commun, les aéroports ou encore les aires de jeux. Mais pour les associations de lutte contre le tabagisme, ces efforts restaient insuffisants.
Un enjeu de santé publique majeur
Avec environ 75 000 décès liés au tabac chaque année, la France continue de payer un lourd tribut à cette addiction. Selon les dernières données officielles, 23 % des Français fument quotidiennement — le taux le plus bas enregistré depuis la fin des années 1990. À titre de comparaison, la moyenne mondiale s’élève à 21 %, d’après l’Organisation mondiale de la santé.
Un récent sondage montre d’ailleurs que les Français soutiennent largement ce type de mesure : 62 % se disent favorables à l’interdiction du tabac dans les lieux publics extérieurs.
Cap vers une génération sans tabac ?
Cette interdiction s’inscrit dans un plan plus large : le Programme national de lutte contre le tabac 2023-2027, qui vise à faire émerger une « génération sans tabac » d’ici 2032. Un objectif ambitieux, que certaines associations jugent encore trop lent à se concrétiser.
Plus de 1 500 communes, en France, avaient déjà devancé l’État en interdisant la cigarette dans certains espaces extérieurs — des plages aux pistes de ski — en instaurant leurs propres arrêtés municipaux.
Enfin, sur la question sensible du prix du paquet, Catherine Vautrin a tenu à rassurer les fumeurs : aucune hausse des taxes n’est prévue « pour le moment », notamment en raison du marché parallèle qui s’est développé à la suite des précédentes augmentations.
Avec l’AFP



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