Alors que la guerre en Ukraine s’éternise, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué lundi à Berlin l’offensive diplomatique de deux sénateurs américains visant à renforcer les sanctions contre la Russie. En ligne de mire : les recettes énergétiques de Moscou et les réseaux qui les entretiennent.
Une coordination transatlantique en renfort des sanctions contre la Russie
Ursula von der Leyen a rencontré dans la matinée le sénateur républicain Lindsey Graham, figure influente de la politique étrangère américaine et proche allié de Donald Trump, bien qu’il s’en distingue parfois. L’objectif de l’entretien : consolider la coordination entre Bruxelles et Washington sur les mesures de rétorsion économique envers le régime de Vladimir Poutine.
« La pression fonctionne, car le Kremlin ne comprend rien d’autre », a martelé von der Leyen dans un communiqué. Elle a précisé que l’Union européenne préparait actuellement un 18e paquet de sanctions « sévères », ciblant notamment les secteurs énergétique et bancaire russes.
Une initiative américaine ciblant les acheteurs de pétrole russe
Le sénateur Graham pousse depuis avril un projet de loi bipartisan, élaboré avec le démocrate Richard Blumenthal, pour taxer lourdement les pays qui achètent des ressources énergétiques russes. L’idée est claire : tarir les revenus pétroliers qui alimentent l’effort de guerre du Kremlin.
Ce texte, qui a déjà obtenu le soutien de 60 co-parrains au Sénat, pourrait bien franchir une étape décisive cette semaine, selon les déclarations de Graham vendredi dernier. Sur X (ex-Twitter), il a appelé à une réponse mondiale ferme : « Il est temps que le monde agisse de manière décisive contre l’agression russe, en tenant responsables ceux — comme la Chine — qui achètent du pétrole russe à bas prix et soutiennent ainsi la machine de guerre de Poutine. »
Le sort des enfants ukrainiens au cœur des discussions
Outre les questions énergétiques, les deux responsables ont abordé l’enlèvement présumé de plus de 20 000 enfants ukrainiens par la Russie, une affaire de plus en plus dénoncée sur la scène internationale. Les pressions diplomatiques devraient se poursuivre pour obtenir des comptes de Moscou sur ces déportations.
Divergences commerciales : vers un compromis entre l’UE et les États-Unis ?
Von der Leyen et Graham ont également évoqué le différend commercial persistant entre Bruxelles et Washington, notamment sur les droits de douane. « Une solution négociée serait le scénario idéal », a souligné la Commission dans un communiqué. Un signal d’apaisement qui tranche avec la fermeté affichée sur le front des sanctions.
Le sénateur américain doit poursuivre ses échanges dans la journée avec Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, pour évoquer à nouveau les sanctions économiques contre la Russie.
Vers un durcissement du plafonnement du pétrole russe ?
Interrogé sur la possibilité de renforcer encore la pression, un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré : « À notre sens, un abaissement du plafond des prix du pétrole, combiné à une application stricte, est envisageable. Cela pourrait s’accompagner de mesures ciblées contre la flotte fantôme russe et les pays tiers qui facilitent la contournement des sanctions. »
Dans cette nouvelle phase de la guerre économique engagée contre Moscou, la stratégie semble désormais clairement définie : frapper là où ça fait mal — dans les poches — tout en resserrant les rangs entre alliés occidentaux.



GIPHY App Key not set. Please check settings