Paris – Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a confirmé ce jeudi l’expulsion imminente vers la France de quatre militants français interpellés à bord d’un navire à destination de Gaza. Une affaire qui relance les tensions diplomatiques et les débats sur l’action humanitaire dans l’enclave palestinienne.
Un bateau intercepté, des militants en détention
Parmi les personnes arrêtées figure Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise (LFI) d’origine palestinienne, connue pour son engagement en faveur de la cause gazouie. Elle faisait partie des douze membres d’équipage du voilier Madleen, arraisonné lundi par l’armée israélienne en eaux internationales au large de Gaza.
« Je tiens à saluer l’engagement de nos services, qui ont permis une issue rapide malgré les pressions et les calomnies subies », a déclaré Barrot sur les réseaux sociaux, sans préciser si les militants étaient toujours détenus ou déjà en route vers la France.
Bayrou dénonce une « instrumentalisation »
La réaction du gouvernement français n’a pas tardé. Dès mercredi, le Premier ministre François Bayrou a taclé ces activistes, accusés de « rechercher l’effet médiatique » plutôt qu’une véritable solution politique.
« Ces militants ont obtenu l’effet qu’ils recherchaient, mais c’est une forme d’instrumentalisation à laquelle il ne faut pas se prêter », a-t-il asséné à l’Assemblée nationale. Et d’ajouter : « C’est par la diplomatie, en fédérant plusieurs États pour faire pression sur Israël, que nous pourrons avancer. »
Parmi les autres passagers expulsés se trouve la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. À son arrivée à Roissy, la jeune femme de 22 ans a vivement dénoncé les conditions de son interpellation : « Israël nous a kidnappés en eaux internationales et nous a emmenés de force. C’est une violation de plus s’ajoutant à une longue liste. »
Un contexte diplomatique explosif
L’affaire survient alors que la France et l’Arabie saoudite s’apprêtent à coprésider une réunion de l’ONU fin juin sur la reconnaissance d’un État palestinien. Barrot a rappelé la ligne officielle de Paris : « La priorité, c’est un cessez-le-feu immédiat, la libération des otages et un accès humanitaire massif. »
Mais le ton monte entre la majorité et LFI. La cheffe de file des insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot, a reproché à Bayrou de ne pas condamner l’intervention israélienne.
Crimes de guerre et crise humanitaire
En toile de fond, la situation à Gaza reste catastrophique. L’ONU alerte sur un risque de famine généralisée, tandis qu’un récent rapport accuse Israël de « crimes contre l’humanité » pour ses frappes sur des écoles et lieux de culte.
Depuis le 7 octobre et l’attaque du Hamas, le conflit a fait plus de 35 000 morts dans l’enclave, selon les autorités locales. Un bilan qui pèse lourd dans les calculs diplomatiques, alors que les appels se multiplient pour une solution à deux États – toujours bloquée au stade des déclarations d’intention.
(Avec AFP)



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