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Sommeil profond : un allié essentiel contre la démence selon les chercheurs

Sommeil profond : un allié essentiel contre la démence selon les chercheurs

Chaque nuit, notre corps traverse différents cycles de sommeil, alternant phases légères et profondes. Si l’on évalue souvent la qualité de notre nuit au réveil, en fonction de notre forme au petit-déjeuner, une part bien plus cruciale se joue en silence pendant que nous dormons profondément. Et cette phase, connue sous le nom de sommeil lent profond, pourrait bien être l’un des meilleurs remparts contre la démence.

Le sommeil profond, une clé pour préserver la mémoire

Aussi discret qu’essentiel, le sommeil lent profond est la phase la plus réparatrice du cycle nocturne. Le rythme cardiaque ralentit, la pression artérielle baisse, les muscles se relâchent complètement et le cerveau émet des ondes delta lentes et puissantes. C’est à ce moment-là que le liquide céphalo-rachidien nettoie le cerveau des protéines indésirables, comme l’amyloïde et la tau, deux composés fortement associés à la maladie d’Alzheimer.

Problème : avec l’âge, cette phase tend à diminuer. Et ce recul progressif, souvent imperceptible, pourrait favoriser le développement de troubles cognitifs. Des chercheurs alertent désormais sur le fait que ce n’est pas tant la durée totale de notre sommeil qui importe, mais bien la profondeur et la qualité du sommeil au fil des années.

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Une baisse lente mais lourde de conséquences

Des données issues de l’étude de Framingham – l’un des plus grands suivis de santé à long terme – ont analysé le sommeil de 346 personnes âgées de plus de 60 ans, observées sur deux périodes espacées de cinq ans. Résultat : sur les 17 années suivantes, 52 participants ont développé une forme de démence. Et le lien est sans équivoque : chaque perte annuelle d’1 % de sommeil profond s’est traduite par une hausse de 27 % du risque de démence.

Le professeur associé Matthew Pase, de l’université Monash, souligne l’importance de ces résultats : « Le sommeil lent profond soutient le cerveau vieillissant de plusieurs façons, notamment en facilitant l’élimination des déchets métaboliques. Nos travaux suggèrent aujourd’hui qu’une baisse de cette phase pourrait constituer un facteur de risque modifiable dans le développement de la démence. »

Un facteur génétique à surveiller

L’étude pointe également le rôle du gène APOE ε4, bien connu pour son lien avec la maladie d’Alzheimer. Les personnes porteuses de ce variant perdent plus rapidement leur sommeil profond. Mais même sans cette prédisposition génétique, une chute marquée de cette phase reste préoccupante.

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Fait notable : les volumes cérébraux mesurés ne suffisent pas à expliquer ces effets. C’est bien la qualité du sommeil en elle-même qui semble jouer un rôle décisif, ouvrant la voie à de nouvelles méthodes de détection précoce via le suivi des ondes cérébrales nocturnes.

Le sommeil profond, un rempart même en cas de pathologie

Une autre recherche, menée à l’Université de Californie à Berkeley, a mis en lumière une donnée encourageante : même chez les personnes présentant déjà des dépôts d’amyloïde dans le cerveau, un sommeil profond de qualité permettrait de maintenir des performances cognitives comparables à celles de cerveaux non altérés.

Zsófia Zavecz, chercheuse postdoctorale au Centre des sciences du sommeil humain de Berkeley, insiste :

« Avoir une certaine pathologie cérébrale ne signifie pas forcément qu’on développera des troubles cognitifs. Le mode de vie – et notamment le sommeil profond – joue un rôle d’atténuateur non négligeable. »

Des habitudes simples pour améliorer son sommeil profond

Si les appareils high-tech ne garantissent pas un meilleur sommeil profond, certaines habitudes quotidiennes y contribuent grandement. Éviter la caféine après le déjeuner, garder une chambre fraîche et sombre, adopter des horaires réguliers ou encore prendre une douche chaude avant de dormir peuvent favoriser l’endormissement en profondeur.

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Et selon Zavecz, cette hygiène de vie est particulièrement bénéfique après 65 ans : « Pratiquer une bonne hygiène de sommeil, facilement accessible en ligne, permet de renforcer cette fonction compensatoire face aux effets de la pathologie d’Alzheimer. »

Grâce aux capteurs portables de sommeil, il est aujourd’hui possible de suivre chez soi les tendances de son sommeil profond. Ces données, combinées à des routines cohérentes, peuvent constituer une stratégie concrète pour protéger ses capacités mentales avec l’âge.

Miser sur le sommeil pour garder l’esprit vif

Le neuroscientifique Matthew Walker, coauteur de l’étude californienne, propose une analogie frappante : « Le sommeil profond agit comme un radeau de sauvetage. Il maintient la mémoire à flot au lieu de la laisser sombrer sous le poids de la maladie d’Alzheimer. »

Selon lui, cette phase du sommeil pourrait bien être un élément central du concept de « réserve cognitive » – cette capacité du cerveau à résister au déclin malgré l’âge ou la maladie. Bonne nouvelle : c’est un levier que chacun peut actionner, à tout âge.

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