Alors que les États-Unis ont frappé plusieurs sites nucléaires en Iran dans la nuit de samedi à dimanche, la France s’est jointe à plusieurs dirigeants européens pour exprimer sa vive inquiétude. Paris plaide pour un apaisement des tensions et mise plus que jamais sur la diplomatie pour éviter un embrasement régional.
Paris inquiet après les frappes américaines
Dans un message publié dimanche matin sur le réseau X (ex-Twitter), le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que la France avait « pris acte avec inquiétude des frappes menées par les États-Unis » contre trois installations liées au programme nucléaire iranien.
Barrot a précisé que Paris n’avait pas été associé à la planification de cette opération militaire. Il a en outre exhorté « toutes les parties à faire preuve de retenue » afin d’éviter une escalade qui pourrait aggraver un conflit déjà très tendu entre Israël et l’Iran.
Macron convoque un conseil de défense
Face à la gravité de la situation, l’Élysée a annoncé la convocation d’un Conseil de défense et de sécurité nationale ce dimanche. Le président Emmanuel Macron a également eu un échange téléphonique avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian, à qui il a réaffirmé l’importance de reprendre le chemin des négociations diplomatiques.
Cet appel s’inscrit dans une série de consultations régionales menées par le chef de l’État, qui s’est entretenu plus tôt avec le prince héritier d’Arabie saoudite et le sultan d’Oman. « Le président poursuivra ses échanges avec les partenaires européens et les dirigeants de la région dans les prochaines heures », a précisé l’Élysée.
L’Europe s’inquiète d’une escalade incontrôlable
Du côté de Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rappelé la position ferme de l’Union : « L’Iran ne doit en aucun cas obtenir l’arme nucléaire. » Elle a appelé l’ensemble des acteurs à revenir autour de la table des négociations, précisant que les ministres des Affaires étrangères de l’UE se réuniraient lundi pour discuter de la situation.
De son côté, le président du Conseil européen Antonio Costa s’est dit « profondément alarmé » par les dernières nouvelles en provenance du Moyen-Orient : « J’en appelle à la retenue de toutes les parties, au respect du droit international et des règles de sûreté nucléaire. Seule la diplomatie peut garantir la paix et la sécurité dans la région. »
Il a également alerté sur le risque accru pour les civils, trop souvent les premières victimes des montées en tension.
La France maintient sa ligne : non à l’arme nucléaire iranienne
Depuis le début de la crise, la France défend une solution politique dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Lors de discussions tenues vendredi dernier à Genève, des diplomates français, britanniques, allemands et de l’Union européenne ont exhorté l’Iran à relancer les négociations avec Washington autour de son programme nucléaire.
Jean-Noël Barrot a rappelé dimanche la position de principe de Paris : « La France a toujours exprimé son opposition catégorique à ce que l’Iran accède à l’arme nucléaire. »
Deux ressortissants français toujours détenus en Iran
Dans ce contexte de fortes tensions, la France n’oublie pas la détention de deux de ses ressortissants, Cécile Kohler et Jacques Paris, arrêtés en mai 2022 et accusés d’espionnage par les autorités iraniennes. Des accusations que leurs proches et le gouvernement français considèrent comme infondées et motivées politiquement.
Emmanuel Macron a de nouveau réclamé leur libération lors de son échange téléphonique avec le président iranien dimanche. Pour Paris, leur détention s’apparente clairement à une prise d’otages politique.
Avec AFP



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