Alors qu’une vague de chaleur étouffante s’abat sur l’Europe, avec des températures dépassant les 40°C en France cette semaine, le gouvernement durcit les mesures pour protéger les salariés exposés à la canicule. Une nécessité, alors que plusieurs décès potentiellement liés à la chaleur ont été signalés sur le continent.
Un été de plus en plus brûlant
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 2000, les canicules ont doublé en fréquence en France, selon Météo-France. Cette semaine, 16 départements, dont Paris, étaient en alerte rouge, entraînant la fermeture de près de 1 900 écoles. Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, a annoncé que 300 personnes avaient été prises en charge en urgence à l’hôpital et deux décès attribués à la chaleur.
De l’autre côté des Alpes, la situation est tout aussi critique. En Italie, un ouvrier du BTP est mort près de Bologne, un décès que les syndicats imputent directement aux températures extrêmes. Résultat : plusieurs régions ont interdit le travail en extérieur aux heures les plus chaudes. Même scénario en Espagne, où les autorités enquêtent sur le décès d’un agent de voirie à Barcelone.
Nouvelles obligations pour les employeurs
Face à l’urgence, le ministère du Travail a publié un décret le 1er juillet pour mieux encadrer les conditions de travail lors des épisodes caniculaires. Désormais, les employeurs doivent :
- Fournir au moins 3 litres d’eau fraîche par jour par salarié,
- Adapter les horaires et augmenter les pauses,
- Suspendre les tâches physiquement pénibles lorsque nécessaire.
Des mesures qui concernent en priorité les métiers en première ligne : bâtiment, agriculture, boulangerie, espaces verts… Autant de professions où la chaleur accroît les risques de déshydratation, coup de chaleur, mais aussi d’aggravation de maladies chroniques (hypertension, problèmes rénaux, etc.).
Un enjeu mondial face au réchauffement
Le phénomène est global : 2,4 milliards de travailleurs dans le monde sont exposés à des chaleurs excessives chaque année, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Un danger sous-estimé, comme l’explique Dafne Papandrea, experte à l’OIT : « Les législations existent, mais avec l’intensification des canicules, elles deviennent souvent obsolètes. »
Certains pays africains montrent l’exemple : la Tunisie, la Namibie et l’Île Maurice reconnaissent désormais certaines pathologies liées à la chaleur comme maladies professionnelles. En Afrique du Sud et au Mozambique, des seuils de température déclenchent automatiquement l’arrêt de certaines activités.
Avec le dérèglement climatique, ces protections deviendront incontournables. Et la France, comme ses voisins européens, n’a pas fini de s’adapter.
(Avec AFP)



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