Paris – Cécile Kohler et Jacques Paris vivent un cauchemar depuis plus de trois ans. Ce couple français, détenu en Iran depuis mai 2022, vient d’être inculpé pour des chefs d’accusation particulièrement graves : espionnage au profit du Mossad israélien, « complot contre le régime » et « corruption sur terre ». Des crimes passibles de la peine capitale dans la République islamique.
De simples touristes devenus « espions »
Tout a commencé par un voyage touristique banale. Cécile, 40 ans, professeure de lettres, et Jacques, son compagnon de 72 ans, sont arrêtés à l’aéroport de Téhéran alors qu’ils s’apprêtent à quitter le pays. Depuis, leurs proches se battent pour comprendre.
« Nous avons été informés de ces accusations par des canaux diplomatiques », confie une source française à l’AFP, qualifiant ces charges de « totalement infondées ». Problème : à ce jour, Téhéran n’a pas officiellement confirmé ces inculpations, et aucun procès n’a été annoncé.
Une détention inhumaine
Le calvaire du couple prend une tournure encore plus inquiétante. Privés d’avocats indépendants, transférés à plusieurs reprises, ils ont vécu le bombardement de la prison d’Evin le 23 juin dernier – une attaque que l’Iran impute à Israël.
« Cécile n’a pas dormi depuis le bombardement. Elle a peur que ça recommence », témoigne sa sœur Noémie après une rare visite consulaire. Aveuglée par un bandeau lors de son dernier transfert, la quadragénaire ignore elle-même où elle se trouve aujourd’hui.
Jacques, lui, croupirait dans une cellule nue, dormant à même le sol. Son état de santé préoccupe gravement sa famille : ce septuagénaire souffre notamment de problèmes de vue, sans avoir accès à des lunettes adaptées.
« Diplomatie des otages »
Paris assure faire du dossier une « priorité absolue ». Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a confirmé qu’un diplomate français a pu rendre visite au couple – sous étroite surveillance – pendant 35 minutes. Une occasion rare où ils ont pu se voir.
Mais en coulisses, les diplomates européens soupçonnent de plus en plus l’Iran de pratiquer sa fameuse « diplomatie des otages ». Objectif ? Faire pression dans les négociations sur le nucléaire et obtenir un allègement des sanctions économiques.
« Ce sont des enseignants, une fille, un père, des amis, pas des espions », clame le collectif « Free Cécile » sur les réseaux sociaux. Trois ans et demi après leur arrestation, leurs proches n’ont qu’une certitude : le temps joue contre eux.
(Avec AFP)



GIPHY App Key not set. Please check settings