RÉCAPITULATIF – Un violent incendie a ravagé un gîte accueillant des adultes handicapés dans la nuit de dimanche à lundi, près d’Angoulême. Quatre personnes ont péri, une est portée disparue. L’enquête s’oriente vers un départ de feu dans un local annexe.
Un drame dans la nuit
L’alerte a été donnée aux alentours de 4h30 ce lundi matin. Les flammes ont rapidement englouti ce gîte isolé, une ancienne ferme située au sud d’Angoulême. Malgré l’intervention massive des pompiers – 85 sapeurs et 24 véhicules mobilisés –, l’incendie, d’une rare violence, n’a été totalement maîtrisé qu’en fin de matinée.
D’après la ministre déléguée au Handicap, Charlotte Parmentier-Lecocq, le feu serait parti « d’un autre bâtiment qui est vraiment contigu », un local déclaré pour le séjour mais « qui n’avait pas été visité en 2023 ». Les détecteurs de fumée et le matériel de sécurité étaient pourtant en place, a précisé le secrétaire général de la préfecture, Jean-Charles Jobart, ajoutant que « tout était aux normes » lors du dernier contrôle, il y a deux ans.
Un bilan humain très lourd
Quatre personnes ont perdu la vie dans cette tragédie. Parmi elles, la propriétaire des lieux, décédée en tentant de secourir les vacanciers pris au piège, ainsi que trois adultes en situation de handicap, dont une sexagénaire. Une cinquième personne est toujours portée disparue, et les secours craignent qu’elle soit « sous les décombres ».
Quatre autres victimes ont été blessées, dont une en « urgence absolue », heureusement hors de danger désormais. Le gîte hébergeait 14 personnes : huit vacanciers handicapés mentaux, quatre accompagnateurs et le couple de gérants.
Hommages et questions
Sur place, la ministre Parmentier-Lecocq a salué « le geste héroïque » de la propriétaire et annoncé son intention de « reclarifier les règles pour les bâtiments accueillant du public handicapé », tout en renforçant la formation des encadrants aux « gestes de premier secours ».
L’UFCV (Union française des centres de vacances), organisatrice du séjour, s’est dite « sous le choc » dans un communiqué. L’association promet de « collaborer avec les autorités pour faire toute la lumière » et a mis en place un soutien psychologique pour les familles et les rescapés.
Une enquête sous haute tension
Le parquet d’Angoulême a ouvert une enquête pour « homicide et blessures involontaires ». Les experts de l’IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) vont analyser les décombres pour déterminer l’origine exacte du sinistre. « Il va y avoir des autopsies pour confirmer les causes de la mort », a indiqué le vice-procureur Mathieu Auriol.
Moins de deux ans après l’incendie meurtrier de Wintzenheim (11 morts), ce nouveau drame relance le débat sur la sécurité des structures accueillant des personnes vulnérables. Les questions sur les normes et les contrôles restent, une fois encore, sans réponse définitive.
(Avec AFP)



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