Le président ivoirien, 83 ans, a officialisé sa candidature pour la présidentielle d’octobre 2025. Face à une opposition affaiblie par des exclusions judiciaires, il part favori dans un scrutin qui s’annonce tendu.
C’était une annonce attendue, et elle est désormais officielle. Ce mardi 29 juillet, Alassane Ouattara a confirmé sa candidature à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain, visant ainsi un quatrième mandat consécutif à la tête de la Côte d’Ivoire. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, le chef de l’État, âgé de 83 ans, a justifié sa décision par des raisons constitutionnelles et personnelles.
« La Constitution et ma santé me le permettent »
« Après mûre réflexion et en toute conscience, je vous annonce aujourd’hui que j’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 », a déclaré Alassane Ouattara. « Je suis candidat parce que la Constitution de notre pays m’autorise à faire un autre mandat et ma santé le permet », a-t-il ajouté, balayant les doutes sur son âge et sa capacité à gouverner.
Le président ivoirien a également évoqué un mandat de « transmission générationnelle », promettant de « consolider les acquis » et d’« améliorer le quotidien des compatriotes, notamment les plus vulnérables ». Une manière d’apaiser les critiques sur sa longévité au pouvoir, dans un pays où la question de l’alternance politique reste sensible.
Une opposition mise hors jeu
Mais le scrutin s’annonce déséquilibré : plusieurs figures majeures de l’opposition ont été écartées par des décisions de justice. Parmi elles, Tidjane Thiam, président du principal parti d’opposition, et l’ancien président Laurent Gbagbo, rival historique d’Ouattara.
Ce dernier avait succédé à Gbagbo en 2010 après une élection marquée par des violences post-électorales ayant fait plus de 3 000 morts. Une crise qui s’était soldée par l’arrestation de Gbagbo, aujourd’hui empêché de se représenter.
Un favori, mais des tensions en perspective
En l’absence de concurrents de poids, Alassane Ouattara part largement favori. Pourtant, sa candidature pourrait raviver les tensions dans un pays encore meurtri par les crises passées. Les observateurs s’inquiètent d’un scrutin à sens unique, tandis que l’opposition dénonce une « élection verrouillée ».
Reste à savoir si cette nouvelle candidature, malgré les promesses de stabilité, ne risque pas d’attiser les frustrations dans une Côte d’Ivoire en quête de renouveau politique.
