Le suicide d’une enseignante dans le Cantal, victime de menaces homophobes, a provoqué une onde de choc dans le milieu éducatif et bien au-delà. Élisabeth Borne a saisi l’Inspection générale pour faire toute la lumière sur ce drame.
Une directrice retrouvée morte à Moussages
La rentrée scolaire a été marquée par une tragédie dans le Cantal. Lundi, une enseignante, directrice d’une école à classe unique située à Moussages, près d’Anglards-de-Salers, a été retrouvée sans vie par les gendarmes en contrebas d’un site escarpé.
La procureure de la République d’Aurillac, Sandrine Delorme, a confirmé à l’AFP cette découverte, initialement révélée par Le Parisien. Selon une source proche du dossier, la directrice avait prévenu les secours avant son geste désespéré, mais l’intervention est arrivée trop tard. La Brigade de recherches de Saint-Valmeroux a été chargée de l’enquête. Une procédure « en recherche des causes de la mort » a été ouverte, même si, à ce stade, « aucun écrit n’a été retrouvé », a précisé la procureure.
Menaces homophobes et enquête classée
Ce drame ne survient pas sans contexte. Au cours de l’année scolaire 2023-2024, la directrice avait été la cible de harcèlement homophobe : des tags insultants sur les murs de l’école et une lettre anonyme avec menaces de mort visant directement son orientation sexuelle.
Ces faits avaient entraîné un arrêt maladie, avant qu’elle ne reprenne brièvement son activité. Depuis fin avril, elle était de nouveau en arrêt de travail, selon le rectorat de Clermont-Ferrand.
Une enquête avait été ouverte à l’époque par le parquet, mais « n’avait pas permis d’identifier les auteurs » et avait été classée en mars 2025 « en l’absence de nouveaux faits », a rappelé Sandrine Delorme.
Le ministère de l’Éducation a réagi par communiqué : « Face aux actes de harcèlement homophobe et de menaces dont elle a été victime, des mesures d’accompagnement avaient été mises en place par l’institution, notamment l’octroi de la protection fonctionnelle, un signalement au procureur, et l’activation de dispositifs de soutien. » Ces mesures devaient lui permettre de préparer « un nouveau projet professionnel pour cette rentrée ».
Le rectorat a souligné que l’académie suivait « de près » son dossier, en « tenant compte de ses souhaits », saluant la mémoire d’« une figure respectée du Cantal » et « reconnue pour son engagement ».
Un choc pour la communauté éducative
La disparition de cette quadragénaire, survenue le jour même de la rentrée scolaire, a suscité une vive émotion. Dans le département du Cantal comme dans toute la communauté éducative, enseignants, parents d’élèves et associations dénoncent le poids du harcèlement homophobe à l’école.
Ce suicide d’une enseignante dans le Cantal pose une nouvelle fois la question de la protection des personnels éducatifs victimes de menaces. Une question à laquelle l’enquête et l’Inspection générale devront désormais répondre.
Avec AFP



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